SÉRIE D’ÉTÉ. Jusqu’à la fin du mois d’août, Rennes Infos Autrement vous propose une balade à travers le nom des rues. Anecdotes, histoire, patrimoine : que se cache derrière l’odonymie rennaise ? Aujourd’hui pour notre dernière édition consacrée aux rues de Rennes, direction la Place du Champ Jacquet…
Si vous flânez en terrasse du Champ Jacquet ou des Fils à maman, ou si vous achetez quelques trouvailles au Petit Souk ou chez Mint, vous aurez remarqué ces maisons à pan de bois, qui semblent imiter la Tour de Pise. Devenues un symbole des vieilles maisons rennaises, elles ornent aujourd’hui affiches, cartes postales et vêtements.
Mais ont-elles été droites un jour ? La réponse est oui. Mais construites à l’économie au XVIIe siècle, leur structure n’était pas prévue pour faire face aux aménagements et aux rénovations des propriétaires des siècles suivants. Bilan : quelques cloisons qui sautent et des façades qui se déchaussent. De surcroît, la création de la rue Leperdit au XIXe siècle n’a pas arrangé la chose et a même aggravé leur déversement. Pas d’inquiétude pour autant, aucun risque d’effondrement n’est à prévoir car ces charmantes maisons sont en réalité solidement amarrées par l’arrière, sur le rempart médiéval.
Pas de champ, mais un beffroi
N’imaginez pas un champ à la place des actuelles terrasses. Le nom de l’endroit correspondrait à la chapelle Saint-Jacques, à laquelle était associé un magnifique beffroi. « La tour du Champ-Jacquet, transformée au XVe siècle en beffroi, faisait la renommée de la ville. Il était doté d’une horloge à automates assez unique », explique Gilles Brohan, animateur de l’architecture et du patrimoine.
Relativement épargnée par le grand incendie de 1720, la place y perdra cependant son beffroi. « La disparition du symbole de la puissance commerciale de la ville a créé un traumatisme, les Rennais étaient habitués à entendre le carillon qui sonnait chaque heure », ajoute Gilles Brohan.

(Illustration Musée de Bretagne)


