Mathieu Taupenas, alias Swed Oner, est récemment venu à Rennes, invité par l’association du M.U.R (Modulable, Urbain, Réactif) de la rue Vasselot. Comme à son habitude, l’artiste originaire d’Uzès (Gard) souhaitait trouver dans la capitale bretonne une gueule, une personne qui raconte quelque chose par sa seule présence. Il désirait en faire son œuvre !
Mais à Rennes, en pleine braderie, il est « difficile de reconnaître le local du simple badaud. » Malgré d’intenses recherches, le soir tombe, sans qu’aucun visage ne s’impose. Le lendemain, la quête est la même. Dénicher une figure. « Sur le pont dès sept heures, le moment est propice. La ville est plus calme. Trop calme », explique l’artiste.
Errant dans Rennes, un peu perdu, Swed retombe sur… un membre de l’équipe du MUR, Patrick, qui l’a accueilli à la gare. Cette fois, le bénévole est occupé à coller l’affiche annonçant le passage de l’artiste. « Nous nous saluons, et voyant mon désarroi, il me propose de m’accompagner dans ma quête. Je lui emboîte le pas volontiers. » Tous deux marchent dans la ville. Mais au fil des discussions, un déclic survient ! « Et si finalement ce que je cherchais se trouvait sous mon nez ? », se souvient l’artiste.
Patrick, médecin général et pionnier de l’hypnose, devient le sujet. Son visage expressif, presque spirituel, surgit désormais rue Vasselot. Né en 1984, Mathieu Taupenas évolue sous le nom de Swed Oner. Il vit et travaille à Uzès, dans le sud de la France. Il débute la peinture murale à la fin des années 90 par le graffiti, avant de se tourner vers le portrait figuratif.
Son art est une passerelle entre la rue et ceux qui la vivent. Il s’inspire de ses rencontres — souvent fortuites — pour saisir une expression, une histoire, une présence. Il photographie d’abord ses sujets, puis en tire une toile. Beaucoup sont des sans-abri, des figures de l’oubli. Ses œuvres sont réalisées à l’acrylique et à l’aérosol. Elles captent le réel pour le transposer dans l’irréel. A voir rue Vasselot.


