Le 22 juin 1964, Rennes se mettait à l’heure du Tour de France. Ce matin-là, la capitale bretonne lançait la grande boucle, sans tambour ni trompettes, mais avec fanions et vélos rutilants. Parmi les 132 coureurs prêts à en découdre, un certain Edward… Sels (notre photo). Ce Belge discret, venu du plat pays, allait pimenter cette première étape d’une victoire bien assaisonnée.
À l’arrivée à Lisieux, après 215 kilomètres de routes buissonnières à travers l’Ille-et-Vilaine, la Mayenne, l’Orne et le Calvados, c’est lui qui faisait la différence devant ses camarades de jeu dans un final à couper le souffle d’une tornade bretonne. Il venait saupoudrer le peloton d’un succès inattendu, mais sans appel.
Quelques heures plus tôt, sur l’esplanade du Champ de Mars, nul ne l’aurait parié. L’heure était aux courbettes d’usage devant le député-maire de l’époque, Henri Fréville, tout content de mettre en lumière sa ville. Devant les caméras, il coupait avec solennité le ruban, sous les applaudissements et les crépitements des flashs.
À 10 h 40 précises, le peloton s’ébrouait calmement vers Cesson, théâtre du vrai départ. Douze équipes avec maillots flambants neufs et jambes rasées de frais, s’élançaient pour 4 504 kilomètres et 22 étapes d’une épopée nationale. Personne ne le savait encore, mais ce Tour consacrerait une dernière fois le valeureux et méthodique Jacques Anquetil.
Le Normand remportait ici son cinquième sacre, devançant une nouvelle fois son éternel rival, Raymond Poulidor. Ce jour-là, Rennes ne se contentait pas d’ouvrir la route. Elle glissait, avec panache, son grain de… Sels dans la grande marmite de la légende du Tour. Voir la vidéo de l’INA.



