À Clohars-Carnoët (Doëlan), Roger Dupuy est décédé le 2 juillet 2025, à l’âge de 91 ans. Professeur des Universités, chevalier de la Légion d’honneur, commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques, il laisse derrière lui une œuvre majeure et essentielle dans le champ de l’histoire politique et sociale. Il fut longtemps une figure rennaise.
Né le 19 janvier 1934, formé à la Sorbonne dans l’ombre bienveillante d’un certain Michel Vovelle, Roger Dupuy a consacré sa vie à comprendre les mécanismes de la Révolution française, ses excès, ses espoirs, ses résistances. Il s’est installé à Rennes, où il a longtemps enseigné l’histoire contemporaine à l’université Rennes 2. Là, il forma des générations d’étudiants et dirigea le laboratoire du CNRS Civilisations de l’Ouest armoricain. Il mena notamment ses recherches sur les conflits de la Révolution à la Chouannerie, sur les formes d’engagement populaire, sur la lente acculturation politique des XIXe et XXe siècles.
Sa parole, toujours précise, savait allier rigueur du chercheur et chaleur du pédagogue », explique un de ses collègues universitaires.
Son œuvre prend racine dans la Bretagne révolutionnaire, s’élargit aux tensions nationales, puis à la compréhension des pouvoirs locaux et de leurs ambiguïtés. Il y a chez Roger Dupuy une fidélité tenace à ceux que l’histoire oublie : les miliciens, les insurgés, les sans nom, les vaincus. Roger Dupuy s’est éteint discrètement, avec cette forme d’élégance intellectuelle qui n’a jamais eu besoin de bruit pour exister. Ceux qui l’ont connu, lu, ou écouté, garderont le souvenir d’un esprit libre, et d’un professeur profondément humain.


