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mardi 26 mai 2026
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Place Sainte-Anne : ces kiosques qui font la une !

L’idée était belle. Au cœur de Sainte-Anne, adossés à l’église Saint-Aubin, trois kiosques en bois devaient accueillir des commerces de détail, des activités de loisirs, d’artisanat ou de services. Imaginés dans le cadre de la réhabilitation de la place entre 2014 et 2022, ces petits bâtiments de 14,93 m² chacun devaient être mis à disposition pour une durée de cinq ans, moyennant une redevance annuelle modeste de 200 euros minimum.

Mais trois ans après l’appel à candidatures lancé en 2022, le résultat est là : aucun des kiosques n’a trouvé preneur. « C’est une catastrophe », déplore un riverain. Taguées en permanence, vides, ces « cabanes » ternissent l’image du site, à deux pas du Couvent des Jacobins. Intervenant en conseil municipal, Antoine Cressard (Révéler rennes) en a fait lui un symbole des difficultés du commerce de centre-ville. « Non seulement ils restent inoccupés, mais ils sont constamment bombés. Ils apparaissent comme des verrues posées contre l’édifice religieux et enlaidissent Sainte-Anne. »

Pour lui, l’échec est total. Il pointe un cahier des charges trop « restrictif », des violences récurrentes sur la place — manifestations, affrontements, feux de poubelles — et une insécurité dissuasive pour d’éventuels candidats. « Malgré leur situation centrale, ces kiosques sont devenus obsolètes et inutiles. Le plus simple serait de les démonter pour supprimer cette pollution visuelle », a-t-il lancé, sans détour.

Mais du côté de la majorité, on ne partage pas cette lecture. Didier Lebougeant, adjoint au maire, a tenu à recadrer le débat. « Les kiosques n’étaient pas conçus initialement pour accueillir du commerce. Ils répondent d’abord à des fonctions techniques ou de service public. » Deux d’entre eux au nord servent de sanitaires, très demandés dans un quartier vivant jour et nuit. Un autre est destiné au stockage des cartons des commerçants, pour désengorger la place. D’autres intègrent les installations électriques nécessaires aux marchés et événements.

Quant aux trois kiosques au sud, c’est dans un second temps qu’ils ont été proposés pour un usage commercial. « On savait dès le départ que leur attractivité serait limitée. On est collé à une église, certaines activités ne sont pas compatibles, et la place ne permet pas de développer de grandes terrasses ou de la restauration chaude. »

Aujourd’hui, ces espaces trouvent ponctuellement une utilité : bagagerie pour Destination Rennes, billetterie lors d’importants événements, projets éphémères. Lebougeant évoque aussi la piste d’un partenariat avec des acteurs de la mobilité douce ou du street art pour leur redonner du sens. « Ce n’est pas un échec commercial, c’était bien une recherche de complémentarité par rapport aux quatre kiosques qui sont au-dessus. »

Pour l’instant, aucune décision n’a été prise sur leur avenir. Mais une chose est sûre : les kiosques de la place Sainte-Anne inspirent les amateurs de tags ! « C’est un combat permanent », convient Didier Le Bougeant. « Nous testons une peinture particulière depuis quelques semaines. » À moins que la municipalité rennaise ne dédie ces endroits à des acteurs du street art.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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