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Dans la soirée du 8 octobre 1933, un incendie éclate à la ferme de la Touche-Annette, à Chantepie, exploitée par un ménage de jeunes cultivateurs, les époux Hubert. Il est 20 heures. La nuit, déjà, est tombée sur la maison des maîtres. Devant chez eux, un automobiliste passe et aperçoit les flammes. Grand branle-bas de combat. Mais à Chantepie, pas de pompiers et la compagnie rennaise ne se dérange pas quand il s’agit d’un incendie dans des meules de paille. Seule solution : les pompiers de Cesson. Mais quand ils arrivent, trois meules sont déjà détruites pour un montant de 17 000 francs. 

Absent lors des secours, le domestique de la ferme, Joseph Bourdin, est bien vite accusé. Il est appréhendé dans un fossé. “Tout de suite, il avoua son crime. Mais il lui fallut plusieurs jours de réflexion avant qu’il ne consente à en donner la véritable explication : la vengeance”, explique le journal Ouest-Eclair.  Partout, dans le pays, il est la risée de tous. Un jour, on lui fait croire à un mariage avec une Polonaise, employée de la même ferme. “On se fout de moi”, déclara-t-il. “Et, j’étais devenu dans tout le pays un sujet de rigolade. (…) Le soir du 8 octobre, mon patron m’a mis en boite. Alors la colère m’a pris…et je suis allé mettre le feu à une meule.”

Né le 10 septembre 1908, à Guipel, Joseph comparait quelques mois plus tard devant la cour d’assises. “A la maison d’arrêt, il a dû faire honneur à la gamelle”, remarque le journal Ouest-Eclair. (…) “De ses yeux sans intelligence il fixe la foule et semble étonné de voir tant de monde réuni autour de lui pour lui…” Fils d’une familles d’ouvriers agricoles, d’une mère handicapée, il est presque illettré. Défendu par maître Macé, il est présenté comme faible d’esprit, malheureux. “Ne sont-ils pas coupables ceux qui ont réalisé cette farce grotesque ? N’est -ce pas dans leur geste qu’il faut rechercher la cause de cette vengeance ?”, dénonce l’avocat. Il fut condamné à une peine de deux ans, avec circonstances atténuantes. A sa condamnation, il murmura : “enfin, c’est l’heure de la soupe…”

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jean-christophe collet

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