L’occupation par une centaine de migrants de l’Espace social commun Simone Iff, à Maurepas, s’inscrit désormais dans un affrontement durable entre collectifs, syndicats et autorités locales. Depuis la fermeture de cet espace social au public le 30 octobre dernier, la situation reste bloquée au grand dam des usagers et sans doute des fonctionnaires. « Cette situation génère de l’agressivité et des tensions », indique un agent. « C’est loin d’être agréable. »
Propriétaire du bâtiment, le département d’Ille-et-Vilaine a déposé une requête auprès du tribunal administratif pour mettre fin à l’occupation. « Ce recours n’est pas une décision personnelle du président Jean-Luc Chenut. Il s’agit d’un choix collectif et réfléchi, porté par notre majorité », justifie le groupe de Gauche, socialiste et citoyen, dans un communiqué. « Il est nécessaire pour assurer la sécurité du bâtiment, de ses occupants et permettre à l’ESC de retrouver sa vocation d’accueil des habitants du quartier et de service public de proximité. »
Dans une lettre adressée aux élus du département, de la ville et de la Métropole, SUD et CGT dénoncent l’absence de dialogue. « La décision de fermeture de l’ESC a été prise sans aucune concertation préalable des professionnels de terrain ou de leurs représentants », confient les représentants. Dans le même courrier, les syndicats regrettent la suppression de « rendez-vous essentiels » pour les habitants et « une réelle souffrance au travail » pour les agents contraints d’exercer leurs missions dans un service fermé. «Il est possible d’accueillir le public habituel en plus des personnes qui occupent l’ESC, sans que cela n’affecte la qualité de la réponse rendue aux habitants », estime l’intersyndical.
La tension autour de l’ESC ne peut être dissociée du démantèlement du campement de Maurepas le 23 octobre dernier, organisé par la préfecture. « Les solutions proposées n’étaient pas pérennes », dénonce SUD CT 35. « Pour les mineurs isolés, les réponses sont même partielles et insatisfaisantes. » Au passage, le syndicat pointe du doigt un fonctionnement institutionnel paralysant. « Quand on interpelle la ville, elle répond que c’est la compétence de l’État. Quand on interpelle l’État, il répond que c’est à la ville. Bref, tout le monde a raison, sauf les enfants. »
Un point de vue que ne partage pas entièrement le groupes de Gauche, socialiste et citoyen et Écologiste, fédéraliste et citoyen du département. La majorité départementale (la même que la métropole) appelle l’Etat à assumer pleinement sa compétence sur l’hébergement d’urgence. « Comme nous le faisons dans la prise en charge des mineurs non accompagnés, des femmes enceintes isolées et des femmes isolées avec enfants de moins de 3 ans. »
Devant cette situation, tous les acteurs, qu’ils soient institutionnels, syndicaux ou associatifs, affirment souhaiter la tenue d’une cellule d’urgence réunissant département, ville, Métropole, préfecture, occupants et soutiens. Pour l’heure, aucun calendrier ferme n’a été annoncé. Pour l’heure, le CIAMIR (Collectif des Immigrés abandonnés et des Mineurs isolés de Rennes), avec le soutien d’Utopia 56 et de l’IOSPE (Inter-Organisation de Soutien aux Personnes Exilées) demandent « à tous les pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités et de faire respecter la loi : l’hébergement d’urgence, la protection de l’enfance, l’accès aux droits de toutes et tous. »



