23.6 C
Rennes
jeudi 28 mai 2026
AccueilActualitésunité de valorisation des déchets : la feuilleton se poursuit

unité de valorisation des déchets : la feuilleton se poursuit

Annoncée un temps pour juin, puis pour « l’été 2026 », la mise en service de l’incinérateur de Villejean est une nouvelle fois repoussée. Rennes Métropole évoque désormais une réception des premiers déchets « à la fin de l’année 2026 ». Cette annonce intervient après les municipales, dans un dossier déjà marqué par quatre années de retards, un chantier interrompu et une facture qui continue de grimper pour les contribuables rennais.

Le contraste est saisissant avec les engagements précédents. 

En septembre 2025, la collectivité voulait croire à une sortie de crise après des années de blocages techniques et judiciaires. Mais après les élections municipales – durant lesquelles le sujet est resté relativement discret dans le débat public malgré les critiques récurrentes de l’opposition –, Rennes Métropole reconnaît désormais un nouveau décalage. Dans son communiqué publié sur son site, la collectivité préfère toutefois présenter cette annonce sous l’angle de l’avancement du chantier. On ne fait pas mieux dans la communication positive. « ENEREIZH (Filiale du groupe VEOLIA – Exploitant de l’UVE) et les entreprises du chantier ont entamé la phase d’essais techniques de l’Unité de Valorisation Énergétique de Villejean (UVE), en parallèle de la finalisation des travaux », écrit-elle. Rennes Métropole évoque « une étape cruciale » destinée à « vérifier le fonctionnement de l’ensemble des équipements avant la réception des premiers déchets ».

Car la mise en service de cette infrastructure industrielle ne se résume pas à un simple redémarrage. « Il faut démarrer et contrôler 35 systèmes interdépendants », répartis en trois grandes séquences : mise sous tension des utilités, essais à froid puis essais à chaud. La collectivité détaille même une mécanique impressionnante : « test à froid des 200 moteurs de l’usine, contrôle des quelque 2 000 kilomètres de câbles, contrôle des 200 pompes et moteurs de l’UVE, test de la chaudière sans déchets, vérification de la sécurité de chaque équipement ».

Bref, on ne va pas chômer à Villejean ! « Cette phase est particulièrement exigeante car elle permet de garantir la conformité de l’usine aux normes environnementales, techniques et de sécurité », insiste encore Rennes Métropole. Les équipes d’ENEREIZH, filiale de Veolia chargée de l’exploitation, suivent parallèlement des formations afin de « maîtriser l’exploitation de cet outil industriel complexe ».  Mais derrière ce discours technique, la métropole admet aussi les causes du retard.« La reconstitution de la documentation non transmise par l’entreprise défaillante a entraîné des délais impactant le planning. La mise en service de l’équipement est ainsi décalée de quelques mois. » Une allusion directe au conflit avec l’entreprise italienne Ruths, à laquelle Rennes Métropole avait confié une partie du chantier avant de résilier le contrat.

Pour mémoire, les travaux de modernisation de l’UVE avaient débuté en avril 2022 avec un objectif initial de remise en service début 2024. En mars 2023, Rennes Métropole avait stoppé le chantier, dénonçant des malfaçons importantes, notamment sur les chaudières et certaines soudures. Ruths contestait alors ces accusations, ouvrant un bras de fer judiciaire qui perdure encore devant les tribunaux. Une autre entreprise avait finalement repris le chantier à l’été 2024.

la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères a vocation à diminuer ».

Ce nouveau report n’est pas sans conséquence financière. Depuis l’arrêt du site, les déchets de Rennes Métropole sont envoyés vers d’autres installations, générant des coûts importants. La collectivité reconnaît d’ailleurs que ce décalage « entraîne la prolongation du détournement des déchets vers d’autres sites de traitement, déjà identifiés et en mesure de les prendre en charge ». Pour absorber ces surcoûts, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) avait été relevée en mars 2024, passant de 7,5 % à 9,85 %.

Rennes Métropole continue néanmoins de défendre un projet jugé stratégique pour le territoire. Une fois opérationnelle, l’unité rénovée doit augmenter de 50 % la chaleur livrée au réseau urbain Nord-Est de Rennes et doubler la production électrique. La collectivité promet « 180 GWh de chaleur correspondant à la consommation d’environ 22 000 logements pendant un an » et « 70 GWh d’électricité correspondant à environ 3 800 logements. » 

Reste une question politique : après un objectif fixé à 2024, puis un redémarrage annoncé pour l’été 2026 avant d’être une nouvelle fois repoussé, les Rennais accorderont-ils encore du crédit au prochain calendrier annoncé ? Chez Ruths, aucune réaction formelle n’a été communiquée à ce stade. En privé toutefois, un interlocuteur proche du dossier relativise les accusations de Rennes Métropole : « La question de la rétention d’informations est une excuse naturellement », glisse-t-il, indiquant qu’une position officielle pourrait être prise ultérieurement.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

jeune ramasseur de balles de Roland-Garros : Jules rêve éveillé au plus près des stars du tennis

À plusieurs centaines de kilomètres de Rennes, sur la terre battue ocre de Roland-Garros, un jeune Rennais vit actuellement une expérience rare pour tout...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser