RENNES, 9 janvier 2026 (PressPepper) – Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné, ce vendredi 9 janvier 2026, un homme toxicomane du quartier du Blosne (Rennes, Ille-et-Vilaine) pour de multiples vols de vélos et de trottinettes commis dans des résidences rennaises, notamment étudiantes.
Entre septembre et novembre 2025, de nombreux vélos et trottinettes sont dérobés dans plusieurs résidences situées boulevard Maréchal-Lattre-de-Tassigny, rues de Saint-Malo, de Saint-Martin, de Roumanie ou encore rue de Châteaugiron. Le préjudice total dépasse 22 000 €, selon les estimations du parquet.
Vingt-quatre victimes – majoritairement des étudiants – sont concernées par ces faits.
Le 19 novembre 2025, Mohammad Ahmadzai, un Afghan de 29 ans, est interpellé en flagrant délit dans les locaux d’une résidence située à l’Hôtel-Dieu. Arrivé en France il y a dix ans pour fuir la guerre, il est alors maîtrisé par le directeur de la résidence et un commerçant du quartier, non sans avoir menacé le directeur avec « un couteau » ou « une pince », selon les témoignages. « Cette arme par destination s’accompagnait d’une attitude clairement menaçante », a tenu à rappeler Me Henry Ermeneux, avocat de huit parties civiles, dont le bailleur.
Lors de ces vols, l’accusé procéde toujours selon le même mode opératoire. Il pénètre dans les parties communes muni d’une disqueuse et d’une meuleuse pour découper les antivols, et d’un tournevis pour forcer l’accès aux locaux sécurisés. Il effectue même parfois plusieurs allers-retours pour transporter les vélos, souvent avec la complicité d’autres personnes encore non identifiées.
À l’audience, le prévenu, habitant du Blosne, a expliqué avoir perdu son logement après qu’il a été squatté par des trafiquants. Lesquels ont « forcé l’entrée » et lui ont volé ses effets personnels ainsi que ses clés. Professionnellement, cet homme, qui avait travaillé trois ans en intérim comme étancheur, venait d’être « mis en vacances » au moment des faits.
Jusqu’alors inconnu de la justice, Mohammad Ahmadzai a reconnu avoir commis ces vols pour financer sa consommation de cocaïne. Après ces méfaits, il revendait ou remettait les vélos à des trafiquants en échange de doses. « Je voulais vous présenter mes excuses, j’ai fait des erreurs », a-t-il déclaré devant les nombreuses parties civiles. « Je ne recommencerai pas, j’arrête tout cela », a-t-il ajouté, s’exprimant dans un français jugé « de bon niveau » par la présidente du tribunal correctionnel.
La procureure de la République a requis trois ans de prison, dont deux ans ferme, ainsi qu’une année de sursis probatoire pendant deux ans. Elle a également demandé une obligation de soins, l’indemnisation des parties civiles, le paiement des sommes dues au Trésor public et une interdiction de séjour à Rennes pendant cinq ans.
En défense, Me Zoé Vandaële a sollicité l’indulgence du tribunal. « Ce moment correspond à une précarisation de sa situation. » Elle a plaidé pour un sursis probatoire intégral, estimant que la détention provisoire avait déjà rempli un objectif de sanction et mis un terme aux infractions. Finalement, le tribunal a condamné Mohammad Ahmadzai à deux ans de prison, dont un an ferme, avec maintien en détention. À sa sortie, il devra travailler, suivre des soins, indemniser les victimes, et aura interdiction de séjourner à Rennes ainsi que d’entrer en contact avec le directeur de la résidence. CB et GF (PressPepper)


