Ce jeudi 29 octobre 2026, un détenu du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin a volontairement incendié sa cellule, selon le syndicat FO Justice. Malgré une épaisse fumée et plusieurs obstacles, les surveillants sont parvenus à le secourir. Le syndicat dénonce une nouvelle fois la surpopulation carcérale et les conditions de travail des agents.
Tout commence par une histoire de baguette de pain. Ce jeudi 29 octobre, vers 11 h 35, au quartier des arrivants du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, un détenu exige de choisir lui-même son pain lors de la distribution du déjeuner. Il tente au passage de sortir de sa cellule, la QA10. Immédiatement, les deux surveillants présents lui rappellent les règles de l’établissement et refusent de céder à ses exigences. Mécontent, l’homme renonce à son repas.
La veille, le détenu, présentant une instabilité psychologique, aurait sollicité à plusieurs reprises les personnels pour obtenir gratuitement du tabac. Le matin même, il aurait détruit son téléviseur. Quelques instants après l’incident du déjeuner, les deux agents, qui poursuivent leur distribution, sont alertés par une odeur de brûlé. De la fumée s’échappe de la cellule du fauteur de troubles. En regardant par l’œilleton, ils découvrent un épais nuage noir qui empêche toute visibilité. L’alerte est immédiatement donnée.
Équipés de tenues de protection contre l’incendie et d’appareils respiratoires isolants, les surveillants ouvrent la porte. Mais leur intervention se révèle particulièrement délicate. La fumée est si dense qu’ils ne distinguent rien à l’intérieur. Plus inquiétant encore, le détenu a placé son réfrigérateur devant l’entrée, compliquant leur progression. Les agents réussissent toutefois à maîtriser un premier foyer et s’engagent dans la cellule pour retrouver son occupant. Mais les flammes reprennent alors qu’ils poursuivent leurs recherches. Ils doivent intervenir une seconde fois pour venir à bout de l’incendie.
C’est finalement près de la fenêtre qu’ils découvrent le prisonnier. Ils parviennent à l’extraire de la cellule enfumée, lui sauvant probablement la vie. Une équipe d’intervention prend ensuite le relais pour conduire l’homme au quartier disciplinaire. Le détenu est transféré à l’hôpital afin d’y subir des examens. À son retour, dans le courant de l’après-midi, il est placé en cellule de protection d’urgence (CPROU).
Pour le syndicat FO Justice, cet événement illustre une nouvelle fois les difficultés rencontrées par les surveillants pénitentiaires. Au quartier arrivants, la surpopulation constitue une préoccupation majeure. Selon l’organisation syndicale, plus de 50 détenus sont régulièrement hébergés dans seulement 27 cellules, alors que ce secteur devrait respecter le principe de l’encellulement individuel.
Dans son communiqué du 29 octobre, le bureau local FO Justice salue le sang-froid et le professionnalisme des agents intervenus. Il demande à la direction de l’établissement qu’une lettre de félicitations individuelle soit adressée à chacun des personnels ayant participé au sauvetage. Le syndicat réclame également « une sanction disciplinaire exemplaire » contre le détenu, ainsi que la prise en charge des frais occasionnés par les dégradations de sa cellule. Au-delà de cet incendie, FO Justice entend encore une fois attirer l’attention sur les tensions qui règnent au sein de l’établissement.


