Il fallait être patient, très patient, ce dimanche 20 septembre à Rennes. Devant l’ancienne prison Jacques-Cartier, la file s’étirait jusque dans le jardin Villeneuve. Même scénario devant l’Opéra, le Parlement et la piscine Saint-Georges. Les Journées du patrimoine ont fait le plein. Peut-être même un peu trop.
Il est des jours où les Rennais feraient tout pour éviter la prison. Ce dimanche, c’était exactement l’inverse. Tout le monde ou presque voulait entrer à Jacques-Cartier. Devant l’ancien établissement pénitentiaire, la file d’attente était impressionnante, vers 15 h. Elle longeait les murs, se poursuivait derrière les barrières et s’étirait jusque dans le jardin voisin.
Familles, jeunes, retraités : il fallait prendre son mal en patience pour découvrir ce lieu chargé d’histoire, rarement accessible dans de telles conditions. La curiosité pour l’ancienne prison ne se dément pas. Mais devant l’ampleur de la file, certains pouvaient légitimement se demander combien de temps ils allaient devoir patienter avant de franchir enfin les murs.
Et Jacques-Cartier était loin d’être un cas isolé. Place de la Mairie, devant l’Opéra, une longue procession de visiteurs occupait elle aussi une bonne partie de l’espace public. Même constat, ce dimanche matin, à la piscine Saint-Georges : Ouest-France y a également observé une « interminable file d’attente » le long du trottoir.
Le succès est donc incontestable. Les Rennais aiment leur patrimoine et profitent massivement de ces journées pour pousser des portes qui leur sont habituellement fermées. Mais ces images posent aussi une question : faut-il revoir l’organisation de certains sites les plus demandés ? Car à quoi bon multiplier les ouvertures exceptionnelles si une partie de la journée se passe dans une file d’attente ? La rançon du succès, en quelque sorte. À Rennes, ce dimanche, le patrimoine n’a jamais semblé aussi populaire.


