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STATIONNEMENT PAYANT : EST-CE DE L’AUTOMATISME IDÉOLOGIQUE ?

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A partir du 1er juin prochain, la ville de Rennes va étendre le stationnement payant sur trois grands quartiers rennais (Sud-Gare, Thabor et La Touche). Elle pourra compter sur 1000 places supplémentaires payantes, venant en complément des 900 déjà situées en zone rouge (centre-ville) et 4000 en zone verte (abords du centre ville). 

Antoine Cressard/Sylviane Rault : deux conceptions du déplacement ! (capture d’écran)

“Nous sommes les dindons de la farce”, confie Daniel, habitant du quartier Sacrés-Coeurs. “Payer toujours payer ! Comment l’on peut se réjouir de mettre la main au portefeuille. Même avec un tarif résident, je vais en avoir pour environ 150 euros par an. Pour certains, c’est une petite somme, mais pour moi, ce n’est pas rien. On nous fait payer nos stationnements pour compenser la suppression de la taxe d’habitation…”

                                                “Du pipeau tout cela !”

Même mécontentement chez son vieil ami et propriétaire d’une Citroën, Pascal. “Pour justifier les paiements, on nous prétexte les voitures ventouses. C’est du pipeau tout cela ! Cela ne légitime rien. Aucune étude ne permet à la ville de donner le nombre d’automobiles concernées. Pour ma part, j’ai toujours de la place devant chez moi, à quelques exceptions près durant les périodes scolaires.”

A contrario, par sa mesure, la ville veut privilégier les visiteurs de courte durée, lutter contre les stationnements anarchiques et répondre aux besoins des riverains. Elle souhaite surtout inviter les Rennais à repenser leurs modes de déplacement, à penser à l’auto-partage, à se passer de la deuxième voiture. “C’est une approche réaliste et pragmatique,” indique Sylviane Rault, adjointe au maire. “Je persiste et je signe. Plus nous rendrons le stationnement difficile et contraignant, plus nous allons fluidifier la circulation et empêcher les congestions.”

“C’est un esprit partisan”, ajoute Pascal. Plus nuancé que le Rennais, Antoine Cressard, conseiller municipal de l’opposition de droite, s’interroge sur l’opportunité d’une telle décision. “Celle-ci arrive après une série récente de mesures, allant dans le sens d’une réduction drastique de la place de la voiture dans la ville (doublement de l’amende en centre ville, augmentation globale des stationnements et  disparition programmée de nombreuses places de parking).”

                                                    Pas nécessaire !

Aujourd’hui, cette extension de la zone payante ne lui apparait pas nécessaire. “Nous n’en connaissons pas l’efficacité réelle”, explique-t-il. “Cette solution n’aura de l’effet que pendant un temps car, à force d’étendre le stationnement payant de plus en plus loin du centre ville, les automobilistes seront tentés de revenir occuper ces places certes payantes, mais plus proches du centre ville, ce qui est d’ailleurs déjà, souvent le cas.”

Pour Antoine Cressard, cette mesure relève davantage “d’un réflexe, d’un automatisme idéologique” à l’encontre de l’automobile. “La municipalité rennaise oppose les différents modes de mobilités et de déplacements individuels et collectifs, alors que nous pensons qu’il faut agir avec plus de pragmatisme et de nuances. On ne peut balayer d’un revers de main. Beaucoup de Rennais ont besoin de leurs véhicules, pour se rendre à leur travail ou pour se déplacer dans l’agglomération, ce qui participe aussi au dynamisme de la capitale bretonne.”

Les zones concernées : dans le quartier sud gare, le stationnement payant sera compris entre la rue Paul Féval, la rue de l’Alma, la rue Ange Blaise et la rue du Général Marguerite. Dans le quartier de la Touche, il sera compris dans les rues, entre le boulevard de Verdun et le boulevard de Latte de Tassigny enfin dans le quartier Thabor, il sera compris entre la rue du Thabor, l’avenue de Grignan et la rue de Palestine. 

La phrase du jour : “Même en rendant payantes les places de stationnement, les riverains ne seront pas assurés de trouver une place à proximité de leur logement, bien qu’ils aient payé un tarif spécifique résident.” Antoine Cressard. 

La fiabilité des stationnements payants  “Sommes-nous au moins certains de la fiabilité de cette mesure, que la mairie a appliqué à plusieurs reprises ces dernières années ?”, s’interroge Antoine Cressard. Elle peut à la rigueur se justifier dans des cas très précis et localisés pour débloquer une situation inextricable mais la municipalité en a fait l’alpha et l’oméga de sa lutte contre la présence des voitures ventouses, dans les quartiers périphériques au centre ville. Y-a t-il une étude d’impact qui valide l’efficacité de cette mesure contre les voitures ventouses ?  Si ce n’est pas le cas, Madame la Maire, nous vous demandons d’en réaliser une sur l’ensemble de la Ville.” Pour en savoir plus sur le tarif des résidents.

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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