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STATIONNEMENT PAYANT DANS LES FAUBOURGS : QUELLE CONDUITE TENIR ?

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Le stationnement payant sera étendu dans plusieurs quartiers (Sud-Gare, Cleunay, Arsenal-Redon, Courrouze, Thabor, Alphone-Guerin). « C’est une demande des riverains. Nous recevons des centaines de mails en ce sens », assure Valérie Faucheux, adjointe au maire écologiste. Mais la réalité n’est pas aussi tranchée. « À force de rejeter la voiture du centre-ville, de nombreuses personnes prennent nos faubourgs pour des parkings », proteste un habitant du Sud-Gare. « Elles ne peuvent pas faire autrement. Résultat, les riverains trinquent ! Ils ne trouvent plus de place près de chez eux et vont être obligés de régler 13 euros par mois, soit près de 150 euros par an ! »

Si l’on poursuit cette politique, on fera bientôt payer les gens du Blosne », affirme un Rennais.

Même avis négatif pour un autre Rennais. « On n’a pas tous la chance d’être propriétaires d’un garage. Mon auto, je m’en sers pour mon travail. Je n’ai pas envie d’être doublement sanctionné par le prix de l’essence et par les tarifs de stationnement. » D’autres relativisent le phénomène des voitures ventouses. « Durant les périodes de vacances et en été, c’est moins difficile pour trouver une place. L’agglomération devrait nous taxer uniquement durant sept à huit mois. » 

Rue Lobineau, Daniel tire à boulets rouges contre la municipalité. « Au regard du nombre de constructions neuves et de la réduction des parkings sous les immeubles, on se retrouve avec des nouvelles automobiles sous nos fenêtres. Tout le monde ne circule pas tous à vélo. » On l’aura compris : beaucoup sont contre. Mais d’autres sont plutôt ravis. « J’en ai marre de chercher des places et je demeure prêt à payer ma tranquillité », assure un habitant du Thabor. « Il faut penser à l’avenir. Je n’ai pas envie de laisser la planète dans un sale état à mes enfants. Aujourd’hui, je prends mon bicloune, mon métro et le train pour partir en vacances. Tout le monde devrait faire pareil. » 

Contre la voiture, une autre politique 

Un point de vue partagé par l’adjointe au maire, chargée des mobilités, Valarie Faucheux. « Il y a urgence pour nous, collectivité, de reprendre le contrôle de nos rues, d’accorder à la voiture une place acceptable et raisonnable. Aujourd’hui, un véhicule occupe au moins 10 m2.  Avec +20 000 places sur voirie, c’est au moins 20 ha de notre ville que nous destinons à des autos en stationnement. 20 ha, pour se donner un ordre de grandeur c’est 40 terrains de football (de quoi faire rêver le Stade rennais). C’est beaucoup, surtout pour un objet dont la principale fonction est de rouler, mais qui reste 95 % de son temps… à l’arrêt (étude Ademe). Et quand nous l’utilisons, c’est à 70 % pour réaliser des trajets de moins de 3 km, qui pourraient donc facilement être effectués à pied, en vélo ou en transports ! »

Aux récalcitrants, Valérie Faucheux avance un argument de taille. « Des places, notre ville n’en manque pas : +20 000 sur voirie, 6 200 en parkings publics et 2 200 sur 4 parkings relais et bientôt 2 000 de plus avec les parkings relais de la ligne B. » Plus encore pour elle, il faut cesser de voir la voiture comme la parfaite définition du bonheur et du voyage. « Liberté ou pseudo-liberté, celle-ci a bien un prix : 48 000 morts par an en France demeurent imputables à la pollution automobile d’après Santé publique France. Environ 3 500 personnes décèdent chaque année sur les routes (conducteurs, passagers, motards, cyclistes, piétons) et 70 000 autres sont blessés, parfois à vie. Des chiffres qui ne baissent plus depuis 2012. Sans compter que le transport routier participe à 40 % de la production des pollutions qui transforment dramatiquement le climat de la planète. » 

Le stationnement payant : une vision punitive ?

Bref, on l’aura compris. Dans les villes, l’automobile doit être réduite à portion congrue au profit des bus, de la marche et de l’usage de la bicyclette. « La réalité, c’est que les comportements changent », assure Nathalie Appéré, maire de Rennes. « Nous répondons à d’autres besoins. » Mais pour l’opposition, cette difficulté sur le stationnement est la conséquence directe d’une politique idéologique. « Les transports ne doivent pas être soumis à des dogmes, mais correspondre aux préoccupations pratiques et pragmatiques », martèle Anaïs Jehanno, conseillère municipale de Rennes (Centre-Droit). 

Pour elle, pas de doute, la ville a créé cette situation en supprimant des parkings et par manque de parc à autos relais et de cars pour les métropolitains. «Tout est lié et concourt à entraîner une tension et in fine c’est le riverain qui doit payer dans un cercle vicieux non vertueux. » Même son de cloche dans le groupe Révéler Rennes (En Marche). « Ces délibérations nous confirment sans surprise la volonté de la mairie d’accentuer et d’élargir le payant sur voirie. Elles s’inscrivent bien dans l’objectif affiché et assumé par l’équipe municipale. C’est-à-dire rendre le stationnement toujours plus difficile et contraignant pour décourager les gens de prendre leur automobile. Cette vision punitive est très éclairante de votre approche. »

 Tout le monde n’a pas la possibilité de se passer de son véhicule pour bouger. Tout le monde n’a pas la chance de vivre à côté de son lieu de travail ou de disposer des horaires classiques de bureau », convient Antoine Cressard.

Mais cette politique rennaise est-elle vraiment efficace ? « On peut en douter. Cela déplace souvent le problème dans d’autres quartiers. Nous comprenons tous ici la nécessité de réduire la voiture. Mais nous considérons qu’il ne faut pas opposer les modes de mobilité systématiquement comme c’est encore trop le cas dans les rangs de la municipalité et cela d’autant plus que cela nuit à l’attractivité de Rennes. » 

 

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jean-christophe collet

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