Lors du dernier conseil municipal de Rennes, ce 1er décembre 2025, une simple délibération sur une subvention de 50 000 euros au REC Volley a tourné à un affrontement politique très vif autour de la place du sport de haut niveau, et plus particulièrement du rugby, dans la ville. Membre de Libre d’agir, Loïck Le Brun a déroulé alors, presque comme un réquisitoire, ses interventions passées sur le sujet depuis janvier 2022. « En début de mandat, la majorité avait annoncé la mise en place d’un grand Pôle Ovalie », a-t-il rappelé.
« Nous savons bien que si Frédéric Bourcier ne peut pas, c’est parce que Nathalie Appéré ne veut pas ».
À cette époque, le conseiller de l’opposition se disait « encourageant ». Il se félicitait de cette annonce, tout en alertant déjà sur « les conditions dégradées » rencontrées par les joueurs et joueuses, notamment au stade du commandant Bougouin. Mais depuis, la ville ne serait pas à la hauteur. « Il y a déjà deux mois, j’intervenais pour rappeler l’état inacceptable des équipements », a-t-il ajouté.
À l’exception d’un terrain synthétique, rien n’aurait été entrepris. « Cela reste quand même léger », a tranché l’élu. Pour enfoncer le clou, Loïck Le Brun a cité longuement un joueur cadre du REC Rugby interrogé dans Le Journal des Sports de Rennes. « Côté entraînement, c’est aberrant. Nous n’avons pas de vestiaire décent, pas de douche. Nous posons nos sacs dans un couloir sur des casiers que nous avons nous-mêmes apportés. Tout le monde peut passer. Ce n’est pas possible pour des joueurs professionnels dont c’est le métier », rapportait le joueur. « Mon avis, le rugby n’est clairement pas une priorité à Rennes pour ceux qui pourraient décider et agir. »
À partir de ces témoignages, l’élu a élargi la critique à la vision sportive de la majorité. « À court et long terme, ces installations seront un frein pour le club, pour recruter comme pour garder ses joueurs. » Pourtant, le potentiel serait immense selon lui. « J’en veux pour preuve la soirée de ferveur populaire » lors du match RC Vannes – Grenoble au Roazhon Park, le 16 novembre 2025. Elle fut la démonstration flagrante qu’il y a la place pour un très grand club de rugby à Rennes.». Pour Loïck Le Brun, la municipalité se contente du « strict minimum ». « Il ne faudra pas verser des larmes de crocodile dans quelques mois. »
Face à ces attaques, Frédéric Bourcier, adjoint chargé des sports, a répliqué en détaillant l’investissement de la ville. Rennes met à disposition du REC Rugby et du Stade Rennais Rugby trois sites gratuitement : le stade du commandant Bougouin, le stade Alain-Crubillé et le complexe sportif Robert-Launay. « Entre 2020 et sans doute 2030, nous aurons dépensé plus de 4,6 millions d’euros sur Bougouin, plus de 1,36 million sur Crubillé et plus de 8 millions sur Robert-Launay. » Pour lui, ces chiffres prouvent que la municipalité ne délaisse pas le rugby. « Pour une équipe municipale qui ne s’intéresserait pas à l’Ovalie, je trouve que cet effort est méritoire », dit-il. Rennes serait même « en capacité d’accueillir une équipe en Pro D2 dans les années à venir ». Reste la question qui a traversé je tout le débat : qui croire ? La majorité qui, chiffres à l’appui, dit préparer l’avenir, ou l’opposition qui dénonce des conditions actuelles jugées indignes.


