Après la rave de Redon, qui s’est déroulée de vendredi à samedi, une enquête a été confiée à la Section de recherches de Rennes sous la direction du parquet de Rennes. Elle doit faire la lumière sur la grave blessure d’un jeune homme âgé de 22 ans durant ces évènements.
Toujours pas d’explications
Sortie de la clinique, ce mercredi 23 juin, la victime est indisponible durant trois mois. Mais elle devrait pouvoir être auditionnée en début de semaine prochaine. « Une association d’aide aux victimes a été mandatée par le parquet de Rennes pour l’accompagner dans ses démarches », précise le Procureur de la République, Philippe Astruc, dans un communiqué.
Pour l’heure, les investigations se poursuivent pour connaître l’étiologie (origine) de ses graves blessures à la main. Elles ont été confiées à l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale. « Un premier examen a porté sur une partie des effets personnels de la victime », convient le procureur. « Les conclusions provisoires n’apportent pas d’explication quant à l’origine de la déflagration ayant emporté la main. »
Cette semaine, un examen complémentaire du tee-shirt de la victime viendra compléter l’analyse technique des effets de la victime. Mais d’autres études devront suivre dans les prochaines semaines. « L’étiologie des blessures n’est donc pas à ce stade connue et toute conclusion portant sur des éléments qui ne sont que partiels serait très prématurée. »
La victime conduite par une jeune femme
En revanche, le lieu du drame a été déterminé avec une certaine précision. Il s’est déroulé dans un champ situé à proximité immédiate du chemin d’accès à l’hippodrome de Redon vers 3 h 00 dans la nuit de vendredi à samedi. La victime a été ensuite déposée à l’hôpital de Redon à 3 h 36 par une jeune femme qui a pu être entendue.
Afin d’éclaircir le contexte des affrontements dans cette zone, le procureur de la République invite toute personne souhaitant apporter son témoignage ou tout document à se faire connaître auprès du service en charge de l’enquête ou auprès du parquet de Rennes.
Une deuxième enquête en cours
La deuxième enquête porte sur l’organisation et le déroulement de la free party jusqu’à son terme. Elle est confiée à la brigade de recherches de Redon sous la direction du parquet de Rennes. « Elle tend notamment à rechercher et établir les infractions d’organisation illicite (par violation d’une interdiction préfectorale) d’un rassemblement festif à caractère musical, facilitation de l’usage de stupéfiants et dégradation du bien d’autrui en réunion. »
Sept plaintes ont été enregistrées émanant de personnes s’estimant victimes notamment de dégradations. Elles émanent de la mairie de Redon, de la société des courses de l’hippodrome, de quatre propriétaires de parcelles et d’un riverain. « Elles font état à ce stade d’un préjudice qu’ils estiment à 97 500 €. En outre, un courrier d’une avocate du barreau de Paris en date du 21 juin portant sur un « signalement de faits de destruction de biens » dans le cadre du rassemblement festif de Redon, sans à ce stade mentionner de victimes identifiées, a été reçu au parquet de Rennes. »
Là encore, toute personne souhaitant apporter son témoignage, document ou déposer une plainte est invitée à se faire connaître auprès du service en charge de l’enquête ou auprès du parquet de Rennes. Durant cette nuit, des saisies conservatoires de matériel ont été réalisées par différents services de gendarmerie. La liste est la suivante : trois téléphones portables Redmi, Leica et Samsung, un ordinateur portable Lenovo type Ipad S, trois tables de mixage Serato DDJ-SX, Allen/Heath, Soundcraft, une console de mixage Yamaha MG 82 CX, trois amplificateurs Ultralink Pro modèle MX882, The tracks et Focusrite Scarlette18i20, une valise métallique contenant deux platines Korg modèle Electribez et un casque Orange
1 Des biens ont d’ores et déjà été restitués sur instruction du parquet de Rennes à deux propriétaires de bonne foi. Il s’agit de six hauts parleurs et d’une remorque surmontée d’un groupe électrogène. L’avancée de ces deux enquêtes continuera à faire l’objet d’une information par le parquet de Rennes. Ce matin, à Redon, devant la sous-préfecture, 400 personnes se sont rassemblées pour manifester leur soutien au jeune homme et dénoncer les violences policières. Des associations ont écrit au ministre de l’Intérieur pour connaitre son point de vue sur cette affaire.



