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samedi 23 mai 2026
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Quatre jeunes exilées sans abri au cœur d’un bras de fer entre associations et institutions

Ce samedi matin, à Rennes, quatre jeunes exilées n’ont toujours aucun lieu où dormir.  Face à cette situation, leurs soutiens ont tenté d’alerter les pouvoirs publics. Jeudi, des bénévoles d’Utopia 56, épaulés par le Collectif des mineurs isolés en danger 35, ont installé un campement d’urgence au square Joseph-Loth, près du lycée Émile-Zola. « Cette mobilisation visait à alerter sur la situation des quatre mineures en recours laissées sans solution d’hébergement et exposées aux dangers de la rue», explique Utopia 56. 

Quelques heures après l’installation, le campement a toutefois été évacué à la demande la municipalité rennaise.  Après cette première évacuation, un second rassemblement a été organisé devant la préfecture. Lui aussi a été dispersé. « Près de 30 agents de la police nationale sont présents face à quatre jeunes filles et une quinzaine de soutiens », affirmait alors Utopia 56.
Depuis, les jeunes femmes auraient finalement dormi dehors faute de solution institutionnelle. « Malgré les soutiens, sur place et à distance, les institutions n’ont toujours aucune proposition adaptée à proposer aux quatre jeunes filles mineures que nous accompagnons. Elles ont besoin d’être protégées, elles ont des droits », insiste l’association.
Une vulnérabilité reconnue par le Département
Pour les militants, la situation est particulièrement préoccupante en raison de la vulnérabilité des jeunes femmes, exposées selon eux aux violences et aux réseaux de proxénétisme. Face aux critiques, le Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine appelle toutefois à replacer le débat dans son cadre administratif et juridique. «Leur situation exige une attention prioritaire afin de dégager une solution adaptée, en évitant toute forme d’instrumentalisation, et dans le strict respect des compétences de chacun », convient le département.

administrativement considérées comme adultes, elles ne relèvent plus de l’aide sociale à l’enfance, réservée aux mineurs non accompagnés. »le département.

Au centre de leur dossier se trouve l’évaluation de l’âge des jeunes femmes. Il y a plusieurs semaines, elles ont été reçues par les services départementaux dans le cadre de la procédure destinée à déterminer si elles peuvent bénéficier, ou non, de la protection de l’enfance au titre des mineurs non accompagnés. À l’issue de cette procédure, les quatre jeunes femmes ont été déclarées majeures dans un processus jugé rigoureux par les élus.  Toutes ont néanmoins engagé un recours devant le juge des enfants. Mais, rappelle le Département, « contrairement à certaines affirmations, ce recours n’est pas suspensif ». En clair, tant qu’une décision judiciaire n’invalide pas l’évaluation réalisée, elles restent juridiquement majeures et relèvent des dispositifs de droit commun destinés aux adultes. «Elles relèvent à ce titre des dispositifs d’hébergement d’urgence gérés par le SIAO (Service intégré d’accueil et d’orientation), dès lors qu’elles sollicitent ce service, leur situation étant de nature à justifier un traitement prioritaire..
Cette réponse peine à convaincre Utopia 56. Laquelle estime que le droit commun ne permet pas, dans les faits, une protection suffisante pour ces jeunes femmes dont la minorité est contestée. Elle invoque notamment le principe de présomption de minorité et s’appuie sur son expérience locale. « À Rennes, depuis plus de deux ans, 100 % des jeunes filles isolées que nous avons accompagnées ont fini par être reconnues mineures par la juge des enfants », affirme l’organisation.

«Personne ne doit rester sans solution face à une situation de détresse immédiate », ajoute le Conseil départemental,

Ce dossier met aussi en lumière les tensions récurrentes autour des compétences institutionnelles. La mairie de Rennes rappelle régulièrement que l’hébergement d’urgence relève de l’État, tandis que la prise en charge des mineurs non accompagnés incombe au Département. Entre ces lignes administratives, quatre jeunes femmes restent aujourd’hui sans solution durable. Ces amedi encore, malgré les sollicitations adressées à la mairie, à la préfecture et au Conseil départemental, aucune proposition concrète d’hébergement ne semblait avoir émergé. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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