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samedi 13 juillet 2024
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PROSTITUTION NIGÉRIANE : LES PROXÉNÈTES ÉTAIENT DES CHAROGNARDS DE LA MISÈRE HUMAINE

C’est une affaire pas comme les autres qui est jugée devant la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Rennes ! Entre 2015 et 2017, des jeunes filles d’origine du Nigéria se sont prostituées dans la région nantaise, contraintes et forcées, par onze femmes et onze hommes.

Un rite synonyme de chantage : le juju

Recrutées dans leur pays où on leur faisait miroiter un avenir doré en France, les futures péripatéticiennes faisaient l’objet à la veille de leur départ d’une cérémonie d’envoutement, le juju https://www.monde-diplomatique.fr/2018/11/HAREL/59215), qui n’était autre qu’un chantage pour qu’elles se taisent. 

Leur billet (oscillant entre 25 000 et 30 000 euros) vers l’Europe était payé par le réseau de prostitution. A charge pour elles de le rembourser…si naturellement elles arrivaient en vie sur notre territoire. « Les conditions de leur voyage étaient souvent chaotiques entre l’Afrique et l’Europe », explique Olivier Chauvel, avocat d’une des prostituées. « Ma cliente âgée de 31 ans a eu de la chance. Son bateau s’est renversé en mer. Elle faisait partie des dix survivants. »

Elles tombaient des nues !

Une fois en Italie, les jeunes femmes devaient profiter de la moindre occasion pour sortir de leur camp de rétention ! Prises en main par le réseau après leur évasion, elles étaient menées vers les lieux de prostitution. « Bien souvent, elles tombaient des nues. Elles venaient pour être coiffeuses, elles se retrouvaient sur le trottoir. »

Moyennant un tarif « low-cost » (30 euros pour la fellation, 50 euros pour la relation sexuelle), elles devaient acheter leurs préservatifs chez Médecins du Monde. « Si elles ne ramenaient pas assez d’argent, elles se faisaient souvent taper dessus. Ma cliente devait donner cinq cents euros par semaine. Au moment où son réseau a été démantelé, elle avait remboursé à peine 14 000 euros. Nous étions dans le sordide et leurs clients étaient souvent à l’hygiène douteuse, voire violents ! »

Contraire à la dignité humaine

Devant la juridiction la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Rennes, vingt-deux avocats nantais et rennais plaideront successivement jusqu’à demain soir pour défendre des prostituées nigérianes et leurs proxénètes. « Nous étions dans un monde contraire à la dignité humaine », estime-t-il. « Ma cliente est encore en vie. Mais combien sont-elles aujourd’hui ensevelies par les flots de la Méditerranée sans même avoir mis le pied sur le sol français ? Ce réseau était composé de charognards de la misère humaine. »

Le verdict sera donné demain dans la soirée. Le procureur de la République de Rennes a demandé des peines pour les souteneurs et les souteneuses allant d’un an d’emprisonnement avec sursis jusqu’à huit ans ferme pour proxénétisme et traite d’êtres humains.

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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