Avant de revenir dans l’ombre du pouvoir à Paris (il sera le directeur de cabinet du premier ministre Sébastien Lecornu), Philippe Gustin a fait un bref passage en Bretagne. Préfet de région et préfet de la zone de défense Ouest entre août 2023 et août 2024, il a marqué par son franc-parler, ses prises de position tranchées et ses rapports particulièrement tendus avec la maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré. Ses déclarations publiques avaient choqué une partie de l’opinion locale de gauche lorsqu’il avait comparé certains militants d’ultragauche à des terroristes et accusé les consommateurs de stupéfiants de porter du sang sur les mains.
Il avait reproché à l’université Rennes 2 d’abriter des éléments radicaux.
Son style direct, voire brutal, lui a valu des soutiens chez ceux qui voulaient voir une main ferme face aux violences urbaines, mais aussi de vives critiques, notamment à Rennes où les manifestations avaient tourné à l’affrontement. Son passage à Rennais avait laissé un sentiment mitigé : énergique et omniprésent, mais sans changement durable sur le terrain de la sécurité. D’après le journal Les Échos, Philippe Gustin n’est pas un inconnu pour l’Élysée ni pour le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, dont il devient aujourd’hui directeur de cabinet.
Âgé de 65 ans, ce fils de militaire, originaire de Châlons-en-Champagne, a commencé sa vie professionnelle comme instituteur avant d’intégrer l’ENA. Haut fonctionnaire atypique, il a ensuite multiplié les postes dans la préfectorale et dans les cabinets ministériels. Il a travaillé auprès de Christine Lagarde à Bercy, puis de Luc Chatel, d’abord à l’Industrie, ensuite à l’Éducation nationale. Il a été ambassadeur de France en Roumanie en 2014, avant de rejoindre la direction générale de l’UMP. On le retrouve ensuite auprès de Sébastien Lecornu, qu’il accompagne dans presque toutes ses fonctions : au conseil départemental de l’Eure, aux Outre-Mer, puis au ministère des Armées.
Au fil de ses postes, Gustin s’est forgé une réputation d’homme « cash » – Les Échos parlent même d’un « casseur de portes ». Ce langage direct correspond à une manière d’exercer l’autorité qui tranche dans un univers administratif souvent feutré et où l’entre-soi prédomine. Ses formules ont régulièrement suscité des polémiques, mais elles traduisent une intelligence stratégique, capable de marquer les esprits. Ses expériences accumulée ssur les terrains de crise – ouragan Irma, reconstruction à Saint-Martin, tensions en Nouvelle-Calédonie, crise agricole en Bretagne – font de Philippe Gustin un haut fonctionnaire aussi redouté que recherché.


