RENNES, 19 décembre 2025 (PressPepper). Ce 2 janvier 2024, rue Papu, quatre hommes et une femme handicapée se retrouvent dans un appartement. Tous sont des marginaux bien connus, âgés de 47 à 63 ans. Rapidement, l’alcool fait ses effets. Une violente altercation éclate entre les fêtards.
L’un d’eux, Jérémy X, 34 ans, s’en prend à Yann Thiefine, 47 ans. Il s’acharne longuement sur lui à coups de pied, de poing et de fourchette, puis commet l’irréparable en lui introduisant un manche à balai dans l’anus. Yann meurt sous les coups. Son corps présente de « très nombreuses lésions », notamment « une blessure par fourchette », ainsi que de « multiples fractures », des « lacérations » et des « fissures sur le plan anal ».
Au cours de cette rixe, Didier X, locataire de l’appartement, âgé de 63 ans et placé sous curatelle, est lui aussi violemment frappé dans le salon. Il se verra prescrire 140 jours d’incapacité totale de travail. Le lendemain matin, une infirmière découvre l’horreur dans le logement « en désordre », dont le sol est jonché d’objets et de vêtements portant « des traces de sang ». Elle alerte immédiatement la police, qui ouvre une longue et minutieuse enquête.
la victime avait été retrouvée morte par une infirmière, le pantalon « baissé jusqu’à mi-fesses ».
Devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes, seul Bernard Lascols, ancien boucher de 57 ans, comparaît devant les magistrats ce jeudi 18 décembre pour violences en réunion et meurtre. Il demande sa remise en liberté. Il joue gros dans une affaire où le principal suspect, Jérémy X, a beaucoup fluctué dans ses déclarations, affirmant notamment s’être « absenté » au moment où le bâton aurait été « introduit dans l’anus » de la victime.
Son avocat, Me Lucas Hervé, revient sur cet « acharnement de près de deux heures ». « Il n’y a pas suffisamment d’indices graves et concordants pour incriminer mon client », plaide-t-il. Devant les magistrats, il décrit le parcours du prévenu. « Il a sombré dans l’alcool et la précarité. Il partait travailler le matin et dormait le soir dans un squat avec des toxicomanes qui se piquaient toute la nuit. »
Déjà condamné à vingt reprises, dont six fois pour violences, Bernard Lascols souhaite s’installer en Lozère, dans une maison dont il vient d’hériter. Il affirme pouvoir bénéficier d’un « suivi à l’extérieur », un rendez-vous médical ayant déjà été pris au centre médico-psychologique (CMP) de Marvejols. « Je me bats depuis 2017 contre ce problème d’alcool », ajoute-t-il. « Ce drame m’a permis, de façon assez paradoxale, de gagner en stabilité. »
De l’autre côté de la barre, l’avocate générale a requis son maintien en détention afin de garantir la représentation de l’intéressé devant la justice. « Il faut prévenir le renouvellement des faits et éviter toute concertation », a-t-elle averti. Ce jeudi 18 décembre 2025, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a suivi ses réquisitions.


