CB et GF (PressPepper). Quatre ans après les tirs qui avaient secoué le quartier de Maurepas, sept hommes comparaissent devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine. Ils sont notamment accusés d’avoir participé à une tentative de meurtre contre deux hommes et trois policiers, le 24 juin 2022, allée de Brno. Les accusés poursuivis pour tentative de meurtre encourent la réclusion criminelle à perpétuité en raison de la récidive.
Il est un peu moins de 17 h, ce 24 juin 2022, lorsque deux hommes vêtus de noir déboulent à scooter au pied de la tour du 6, allée de Brno, dans le quartier de Maurepas. Derrière le pilote, son passager, armé d’un pistolet-mitrailleur, ouvre le feu en direction de deux hommes dont l’identité reste alors inconnue. À quelques mètres de là, trois policiers effectuent des contrôles d’identité. Ils voient les deux hommes ciblés s’enfuir à pied, poursuivis par le scooter.
Mais arrivé à une vingtaine de mètres des policiers, le scooter s’arrête. Le tireur change alors de cible. Selon les fonctionnaires, il pointe son arme vers eux et tire une rafale dans leur direction, en balayant avec son pistolet-mitrailleur. « Couchez-vous ! », crie l’un des policiers à ses deux collègues. Tous trois échappent aux tirs. Aucun n’est heureusement blessé.
Une Peugeot interceptée, une Audi inspectée
Dans la foulée des tirs, les policiers interceptent une Peugeot avec trois hommes à bord. Un détail retient immédiatement leur attention : en cette journée d’été, tous trois portent des tenues complètes de pluie Quechua et sont habillés de manière similaire. Deux heures plus tard, les enquêteurs inspectent un seconde véhicule : un Audi A3. À l’intérieur, ils découvrent notamment un chargeur et une cartouche de calibre 9 mm dans un vide-poches. Les analyses scientifiques viennent ensuite compléter le dossier. L’ADN de l’un des accusés, Franck X, est retrouvé sur un mégot et une cigarette électronique. Celui d’un autre, Naemi X, est identifié sur le volant.
Depuis ce jeudi 17 septembre, sept hommes âgés de 20 à 41 ans sont jugés devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine. L’un d’eux était mineur au moment des faits. Ils comparaissent notamment pour tentative de meurtre sur les deux hommes pris pour cible et sur les fonctionnaires de police. D’autres doivent également répondre d’association de malfaiteurs. Leur dossier s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu. En juin 2022, Maurepas est secoué par une violente lutte autour d’un point de deal. Selon les éléments rappelés à l’ouverture du procès, son « gérant historique », soutenu par une équipe nantaise, est alors opposé à une équipe parisienne qui cherche à prendre le contrôle du secteur. Le 11 juin, quelques jours avant la fusillade de l’allée de Brno, le domicile de ce « gérant » est même mitraillé à Thorigné-Fouillard.
La tension monte encore à la veille des tirs. Un homme est tué d’un coup de couteau dans la poitrine tandis qu’un autre est victime d’une tentative de meurtre. C’est dans ce climat que survient, le lendemain, l’attaque de l’allée de Brno et cette rafale tirée en direction des policiers. Le procès doit se poursuivre jusqu’au vendredi 25 septembre. Les interrogatoires sur le fond des accusés sont programmés à partir de mardi 22 septembre. En raison de leur état de récidive, les accusés poursuivis pour tentative de meurtre encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Ceux poursuivis pour association de malfaiteurs encourent jusqu’à vingt ans d’emprisonnement.


