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mercredi 22 avril 2026
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Maurepas : le camp de la honte

Que l’on soit de droite, de gauche, d’extrême gauche ou d’extrême droite, il est impossible de rester insensible aux conditions d’accueil des migrants du parc de Maurepas. Dans le village de la honte, des enfants dorment à même le sol, sous des tentes de fortune. Ils sont près de 200 à séjourner dans une situation précaire, à attendre un logement qui ne vient pas toujours.

Comment peut-on accepter que des gens vivent dans ces conditions en France. » un passant. 

Ce mercredi, une famille kosovare offre le café sur une table de camping, sous un soleil de plomb. Egzona, 18 ans, est la seule à parler français. Elle arrive de Gnjilane, au Kosovo, et vit ici avec ses deux frères, sa sœur et ses deux parents. Cela fait un an qu’elle est en France, mais seulement trois semaines dans ce camp, après un séjour à Pontivy. Elle a terminé la seconde et compte commencer une formation en sécurité en septembre. Malgré sa maturité, sa voix tremble souvent. « C’est dur. Mes frères dorment derrière. Ma mère est malade, elle a dû aller à l’hôpital en ambulance. Mon père attend une opération. » Ses mots sont simples, mais la tristesse se lit dans ses silences. Tous espèrent un logement, comme tant d’autres.

Un peu plus loin, une vieille dame est assise au milieu du chemin, tenant la main d’un petit garçon. « Bonjour monsieur », dit le bambin, quatre ans à peine. Son frère répète les mêmes salutations. Tous deux transpirent à grosses gouttes sous le soleil. Non loin, deux femmes africaines patientent devant les seules toilettes du parc. Parmi elles, Élodie, venue de la République démocratique du Congo. « J’attends pour faire popo, » souffle-t-elle, épuisée. « Je suis là depuis vingt minutes. » Dans un français loin d’être approximatif, elle explique que les toilettes font aussi office de douches. «On se lave là-dedans. Et c’est sale. » Ici, elle n’a pas non plus d’électricité. « On ne peut même pas charger le téléphone pour appeler la famille. »

Dans ce chaos organisé, la solidarité demeure entre les migrants. « Des gens nous apportent parfois à manger, des couvertures, des habits… Mais c’est dur. On dort sous des tentes. On attend depuis des mois. » Venue de Paris, où elle a dormi dehors, Élodie espérait trouver un peu de répit à Rennes. Comme beaucoup, elle n’a pas d’enfants dans le camp. « Les miens sont restés au pays. » Mais d’autres sont venus avec leurs petits. « Ils sont peut-être 80. » En tout, le campement compterait plus de 200 personnes qui, ce mercredi, vivraient encore une journée sous leur abri de fortune. Pour les soutenir, l’interorganisation de soutien aux exilés — Rennes appelle à se réunir samedi 28 juin 2025 à 15 h, place de la Mairie à Rennes. Il demande à chacun de manifester pour « crier vive l’immigration » et revendiquer « la libération et la régularisation de toutes les sans papiers, la libre circulation et installation ici et partout ».

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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