Les habitants du Mail Mitterrand se sont organisés en collectif. Objectif : réduire les bruits occasionnés par les fêtes et la vie nocturne. Leur crainte : une nouvelle « rue de la soif » sous leurs fenêtres.
Les riverains du Mail François Mitterrand sont conscients que l’organisation d’événements publics apporte de la vie dans leur quartier. Mais leur multiplication « presque sans répit » selon eux, affecte leur quotidien. « Nous subissons déjà, un week-end sur deux, des nuisances sonores et des restrictions de circulation : marché de Noël, brocante, courses sportives, journées thématiques, événements culturels… Cette fréquence et les désagréments engendrés sont difficiles à accepter sur la durée », explique Emmanuel. Pour l’occasion, cet habitant a mis en ligne une pétition afin de sensibiliser la municipalité. Son souhait est le même qu’une phrase de Cyril Morel, élu et responsable de la vie nocturne, prononcée en 2025 : « Il faut retrouver le juste équilibre entre ceux qui veulent faire la fête et ceux qui veulent dormir. »
Trop de bars, pas de boulangerie
Les commerces du Mail rendent le quartier dynamique. Le collectif le reconnaît mais nuance le terme de ‘commerce’. « Nous dénombrons surtout des bars, aux terrasses démesurées, souvent ouverts 7 jours sur 7 et à des heures tardives. Il n’y a par exemple plus de boulangerie dans le secteur », déplorent les riverains en colère.
« L’espace public est devenu privatisé par les cafés. Le stationnement sauvage et fréquent de leurs employés et clients masque la visibilité des piétons. Sans parler du vacarme du démontage des terrasses en pleine nuit, et de leur installation tôt le week-end », listent-ils en pointant du doigt un autre problème : « La clientèle nocturne et souvent masculine accroît aussi le harcèlement de rue et les agressions de tout type. »
Le collectif demande à la mairie de les recevoir afin d’évoquer un calendrier clair des manifestations sur le Mail, l’application de la loi sur les nuisances sonores, la diversification des commerces, punir le harcèlement de rue et mieux accueillir les enfants sur place.


