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vendredi 24 mai 2024
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LES PLUS BEAUX CHÂTEAUX DE BRETAGNE

Explorer les châteaux et jardins de Bretagne, c’est plonger dans un monde où l’histoire se mêle à la beauté naturelle, où chaque pierre et chaque arbre semble avoir une histoire à raconter. C’est une invitation à redécouvrir le patrimoine breton, où le passé se vit au présent.

« J’étais niché dans une espèce de cellule isolée au haut de la tourelle de l’escalier qui communiquait de la cour intérieure aux diverses parties du château (…) La nuit, je n’apercevais qu’un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu’elle s’abaissait à l’occident, j’en étais averti par ses rayons qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes, voletant d’une tour à l’autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l’ombre mobile de leurs ailes, » écrivait François-René de Châteaubriand, dans Mémoires d’Outre-Tombes.

Dans le château de Combourg, le romantique des romantiques passa une bonne partie de son enfance en compagnie de sa sœur Lucile et trouva le souffle de son inspiration littéraire. Depuis, la bâtisse médiévale cultive son culte. Les visiteurs y dénicheront dans le vestibule le buste de l’écrivain et dans la bibliothèque, son fauteuil et sa table à écrire. Mieux encore : ils trouveront dans sa chambre un vrai trésor : des parchemins et autographes, son portefeuille de ministre, sa Légion d’honneur, son petit lit de fer et des meubles d’une grande simplicité. Romantique à souhait.

Château de Caradeuc.

Non loin, bien peu de touristes font le détour par le château de Caradeuc (Béchérel). Pourtant, la visite du Versailles breton est enchanteresse et bucolique. Berceau du Procureur général de La Chalotais, l’endroit est un trésor de verdure où les allées mènent toujours vers des recoins romantiques et mystérieux.

Derrière le magnifique portail d’entrée, le visiteur empruntera une allée rectiligne bordée de tilleuls et de rosiers qui conduit vers le château. Ici, commence la plus belle des promenades au milieu du temple des buis, des houx, des statues du comte de Falloux et de Jeanne d’Arc, nichées dans des havres de verdure. En chemin, halte obligée sur la terrasse Nord du parc. La vue y est imprenable sur les collines dinannaises et la campagne avoisinante.

Plus au sud, sur les hauteurs de Concarneau, à cinq minutes de la ville close, on gagne le château de Kériolet par un charmant parc. De style néo-gothique, cette bâtisse du XIXe serait la reconstitution à l’identique d’un manoir de Louis XII.

La belle demeure a naguère abrité les amours singuliers de la princesse impériale russe Zénaïde Narischkine Youssoupoff et de son mari. La tante de Nicolas II fut éperdument éprise du roturier et lui acheta pour assouvir ses ambitions politiques, deux titres de noblesse. Il devint ainsi Comte de Chauveau et Marquis de Serre.

En 1889, l’époux fut victime d’un malaise cardiaque. La princesse quitta précipitamment Keriolet pour vivre jusqu’à sa mort en 1893 dans son hôtel particulier parisien. De son passage à Concarneau, il demeure entre autres la cour intérieure qui représente à lui seul le caractère insolite de la princesse russe. Il est de style renaissance pour son aile nord, médiévale pour sa partie ouest et néo-gothique pour le reste. Du sommet de la tour, la vue est imprenable sur la mer, la bonne ville de Concarneau et la campagne. Entourant le château, des sapins et des vallons donnent, si besoin est, un cachet indéniable au site.

Petit détour par le domaine de Kerlevenan construit au 18e dans le Morbihan, non loin de Sarzeau. Ici, les visiteurs cheminent dans un parc où les arbres, les essences, les arbustes sont d’une grande diversité. Les plus férus y reconnaîtront sans peine des cèdres du Liban, des chênes verts, des châtaigniers…

Dans ce grand espace (30 hectares), l’ancien Temple de l’Amour a été réalisé entre 1782 et 1786. Agrandi et transformé en chapelle familiale à la fin du 19e siècle, ce petit ouvrage reste l’un des derniers témoignages du style anglo-chinois en France. Il est directement inspiré par Le Recueil des jardins anglais ou chinois (1783), écrit par de Panseron.

Encerclé par de hauts murs, le jardin entrelace les styles français et anglais dans un hymne à la nature. Il accueillait souvent un invité prestigieux et ami de la famille : le peintre Turner. L’artiste y aimait sans doute la tranquillité des lieux et la vue sur le golfe du Morbihan.

Au beau milieu du jardin, la demeure en tuffeau est classée au titre des Monuments historiques depuis 1982 et toujours la propriété de la famille de Gouvello. Elle a été construite dans un style néo-classique à la fin du 18e siècle par l’architecte nantais Jacques-François Jouanne à la demande du marquis Joseph-Armand de Gouvello. Le noble propriétaire voulait y accueillir son épouse Marie Catherine de Peyrac. Mais la Belle préféra le faste de la cour de Versailles.

À Ploubezre, à deux pas de Lannion, le château de Kergrist est l’un des plus intéressants monuments de la région. Il encercle une cour typiquement bretonne qui emprunte à différents styles. La chapelle remonte au XVIe siècle, la façade du XVIIIe siècle et le presbytère du XIXe siècle.

Ses jardins étaient uniquement des prairies jusqu’à la Révolution française. Changement de décor sous le Second Empire, le nouveau propriétaire Charles Huon de Penanster a aménagé les 4 hectares en un parc où il est bon de flâner et d’écouter le bruissement des feuilles dans les arbres.

Au Nord du château, le visiteur pénètre dans cet univers de verdure par une grille du jardin du Sénat commandée par le roi Louis XVIII, lui-même. Elle constitue une belle entrée en matière pour découvrir les buis taillés, les pelouses, les hortensias et les hêtres séculaires. À l’Est, le paysagiste a imaginé tout autre chose : un jardin à la française inspiré par les dessins d’André Le Nôtre et parsemé de vases Médicis. Il a ajouté le summum du panorama : une vaste terrasse qui domine la vallée du Léguer, les Monts d’Arrée et des forêts séculaires.

Au Sud, le jardin offre un paysage de couleurs où un pin de Monterey et un cryptomeria constituent les principaux arbres remarquables. Les visiteurs apprécieront sans doute le bosquet japonais où se blottit une pagode de bois baignée par des cascades artificielles. En Ille-et-Vilaine, Antrain est une petite ville qui s’étend le long des rives du Couesnon et cache un bel édifice du XVIe siècle : le château de Bonnefontaine. L’endroit est un haut lieu chargé d’histoire longtemps habité par les Coëtquen, seigneurs de Combourg et Gouverneurs de Saint-Malo. L’un d’eux, Malo III de Coëtquen, Baron de Bonnefontaine, n’était autre que le fameux fantôme à la jambe de bois, cher au grand écrivain romantique François-René de Chateaubriand.

Le magnifique parc paysager est typique du goût romantique de la seconde partie du XIXe siècle. Il abrite le pont du lavoir dessiné par Bühler, un moulin du XIXe siècle, des étangs et de vastes étendues paysagères parsemées d’allées, de bosquets et différentes plantations.

Plantées dès la conception du parc, des essences nombreuses sont toujours visibles du grand public et des amoureux des espaces verts. Les visiteurs se reposent ainsi à l’ombre des séquoias gigantea, de cyprès chauve, d’ifs de Chine, de magnolias, de cèdres, de palmiers… et de « l’Arbre de la Duchesse Anne ».

Poussant le long de l’allée principale, le châtaigner de la reine porte un panneau où il est tout simplement inscrit : « les Bretons gardent le souvenir de leur dernière duchesse, Anne de Bretagne, qui s’est assise sous cet arbre renversé par la tempête de 1987 ».

En Ille-et-Vilaine, Fougères cache un jardin tourné vers son immense château. Derrière son portail d’entrée en granit et fer forgé, les visiteurs pénètrent à pas de loup dans un univers végétal et de terrasses fleuries. Ils tournent les pages d’un conte floral où les chemins mènent doucement vers la ville basse et ses ruelles moyenâgeuses.

Dominé par l’église Saint-Léonard aux curieuses gargouilles, le parc séduisit dans les temps anciens les écrivains romantiques. Victor Hugo aimait ce jardin « au soleil couchant comme au clair de lune » et Honoré de Balzac en fit le lieu de l’épisode final de son ouvrage Les Chouans.

Lors de la visite, les promeneurs découvriront la « place aux arbres », et sa magnifique vue, le Fougerarium, mais aussi la place Leroux avec son bassin du XVIIe siècle et ses allées de buis. Idéal pour prendre un bon bol d’air frais dans les pas de nos auteurs français.

Plus au sud de Fougères, la demeure seigneuriale du Bois d’Orcan (Noyal-sur-Vilaine) a été construite au 15e siècle par Julien Thiery, argentier d’Anne de Bretagne. En piteux état, elle retrouve son lustre d’antan depuis sa complète et entière restauration par des propriétaires attentionnés.

À deux pas des douves, le jardin est de facture médiévale. Imaginé par l’architecte paysagiste Alain Richert, il est composé de plusieurs espaces distincts : la Cour d’amour (notre aimable propos !) aux parfums enivrants, la Fontaine de Vie, le Jardin de curiosités.

Le domaine présente également l’Œuvre du sculpteur de renommée internationale, Étienne-Martin (1913-1995) dans un parc de sculptures conçu par l’artiste lui-même. Il met en valeur ses œuvres monumentales en bronze (notamment ses célèbres Demeures).

Enfin, terminons par le manoir de la Foltière (ou Folletière) qui cache derrière ses hauts murs un florilège de senteurs et de parfums enivrants. Dans cette commune du Chatellier, le maître des lieux a créé un lieu magique où la promenade glisse loin du temps et offre aux amoureux de roses, magnolias, rhododendrons et autres hortensias le plus bel espace de découvertes.

Par l’allée des perles blanches, direction le labyrinthe de Cnossos, la cité antique aux alignements de genévriers et le jardin des 1001 nuits aux jets d’eau arqués. La mise en bouche donne incontestablement des ailes au promeneur qui poursuivra son exploration dans le dédale de bambous, la roseraie ancienne et dans le cabinet de verdure d’inspiration italienne.

Le repos sera toujours bien mérité dans le jardin de l’Olympe qui mène dans la partie romantique du parc floral. Dans ce nouvel espace, détour obligé par le jardin du soleil levant où les aficionados de Giverny puiseront là de quoi satisfaire leurs réminiscences. Les autres trouveront dans les parfums exotiques des raisons d’aimer l’esprit sauvage des sauges, des impatiens, des hedychiums et des bégonias.

Beaucoup plus loin, l’antre des plantes carnivores serinera à nos oreilles la dure loi de la Nature. Celle qui pousse la beauté à dévorer tout cru des insectes. On se consolera bien vite de leur trépas dans le jardin du soleil couchant ou la lumière accompagnera votre départ. Dans l’éternité du soir, les essences florales fuient ici vers l’horizon dans un tourbillon de parfums. Sérénité de la campagne.

Dans les Côtes d’Armor, le fort La Latte (aux pieds du cap Fréhel) est sans doute l’un des plus connus de Bretagne. Tourné vers la mer et les Anglais que l’on a chassé hors de France, il surplombe les flots couleur émeraude. Encore appelé le Château de la Roche Goyon, ce bastion médiéval, bâti au XIVe siècle, fut transformé en fort côtier défensif sous la houlette du grand Vauban. Il est depuis devenu une source d’inspiration pour les cinéastes et les artistes, attirés par son environnement « game of thrones ». C’est ici, au sommet de son donjon, que fut filmé le combat final du film Les Vikings avec Kirk Douglas en 1958, immortalisant ainsi son allure guerrière au cœur de la culture populaire.

En visitant ce monument, on replonge dans un passé qui continue de vivre et de fasciner les plus petits et les plus grands. Dans le passé, nous le sommes également à Josselin, où le château a traversé les âges. Il fut bâti pour affirmer la puissance des Ducs de Rohan, avec ses trois tours tout droit sorties d’un conte de fées. Du côté jardin, la façade intérieure présente un style gothique flamboyant, dominant un jardin à la française. Un dernier endroit où il fait bon de se prélasser en pensant aux prochaines visites dans les châteaux de  Vitré, du Rocher-Portail (Saint-Brice en Cogles), de Kerjean (Sain-Vougay), de Bienassis (Erquy), de Montmuran (les Iffs), de Kergroadez (Brélès), de Trécesson (Campénéac), de Trédion (golfe du Morbihan), de Dinan, de Tonquédec (Lannion), de Suscinio (Sarzeau) et du Taureau (Carantec). 

Château de Rocher-Portail.
jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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