Ce mercredi 11 mars, trois frères ont été jugés pour la mort d’un homme de 31 ans survenue dans le parc des Gayeulles, à Rennes (Ille-et-Vilaine), dans la nuit du 26 au 27 juillet 2022. Le corps de la victime, Mohamed Naski, mesurant 1,84 mètre pour 97 kg, avait été découvert près du mini-golf. Malgré les premiers secours, son décès avait été constaté vers minuit.
Plus tôt dans la journée, Mohamed Naski avait retrouvé un ami, Zied X, dans ce grand espace vert. Assis sur la pelouse, les deux hommes avaient bu presque entièrement une bouteille de rhum. Mohamed Naski était ensuite allé acheter une deuxième bouteille (cette fois-ci de whisky) et du Coca-Cola dans une station-service voisine.
Une dizaine de minutes après son retour, Hammadi X était arrivé accompagné d’un autre homme. Les quatre hommes avaient alors continué à festoyer ensemble. Mais la situation s’est rapidement tendue entre Mohamed Naski et Hammadi X. Le premier lui aurait reproché de mal parler français et l’aurait insulté en le traitant de « blédard ». Mohamed Naski aurait ensuite baissé son pantalon et proféré des insultes visant la mère des trois frères. « Je vais niquer ta mère », aurait-il dit.
Après cette scène, Zied X tentait de quitter les lieux avec Mohamed Naski. Mais Hammadi X ne l’entendait pas de cette oreille ! Il a appelé son frère aîné, Aimen, 35 ans, pour qu’il vienne sur place, accompagné de leur plus jeune frère, Salah, 22 ans. À leur arrivée, la situation a rapidement dégénéré. Dans la mêlée, le plus jeune, Salah, s’en est pris à la victime et lui a porté un coup au flanc droit, qui s’est révélé mortel.
Après le drame, un sac laissé sur place a permis d’identifier l’un des frères et de remonter jusqu’aux deux autres. Aimen et Salah ont été interpellés plus tard, le 27 juillet 2022. Hammadi se présentait lui à la police le même jour et affirmait être l’auteur du coup de couteau. Mais finalement, Salah a reconnu être à l’origine du geste fatal. Les trois frères travaillaient dans le bâtiment et avaient le projet de créer une entreprise de peinture.
Après près de trois ans d’instruction, les faits ont été requalifiés par la justice, l’enquête ayant initialement été ouverte pour homicide volontaire. Salah et Hammadi ont finalement été renvoyés devant la justice pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Leur frère aîné, Aimen, était poursuivi pour violences en réunion.
À l’audience, l’avocate de Hammadi, Me Amina Saadaoui, a demandé à la cour criminelle départementale d’Ille-et-Vilaine de ne pas « faire d’exemple » dans ce dossier. Selon elle, les faits reprochés à son client relevaient davantage d’un délit de violences que d’un crime, une qualification qui l’exposait à une peine maximale de trois ans de prison ferme. De son côté, l’avocat de Salah, Me Philippe Breuil, a décrit une « simple bagarre » aux conséquences « exceptionnelles », provoquées selon lui par le seul coup de couteau porté par le plus jeune des frères. Il a demandé aux juges de prononcer une peine laissant à son client « l’espoir de revoir un jour sa fille ».
Dans cette affaire, l’avocat général Jean-Marie Blin avait requis 16 ans de réclusion contre Salah, 7 ans contre Hammadi et 2 ans avec sursis contre Aimen. Les juges ont finalement condamné Salah à 15 ans de réclusion criminelle, avec interdiction du territoire français à sa sortie, Hammadi à 6 ans de prison avec mandat de dépôt, et Aimen à 12 mois de prison avec sursis. Les deux premiers sont également interdits de port d’arme et inéligibles pendant dix ans. (avec PressPaper)


