Déjà, un précédent interrogeait : l’étape « Face aux lecteurs » devant la Voix du Nord prévue à Dunkerque avait été déplacée à Arras pour « raisons d’agenda » présidentiel. La tournée du chef de l’Etat semble décidément aimer les détours. Ce mercredi 10 décembre, Emmanuel Macron était à Saint-Malo, face aux lecteurs d’Ouest-France. Il abordait une nouvelle étape de son cycle de discussions sur « la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes ».
Venu en Falcon à l’aéroport de Dinard-Pleurtuit, le président de la République a fait escale à la brasserie La Licorne (selon nos informations). Attendu au Palais du Grand Large vers 15 h, il est arrivé avec quarante-cinq minutes de retard, après une visio en mairie de Saint-Malo, consacrée aux tensions liées à la situation ukrainienne.
Devant des lecteurs et quelques sommités d’Ouest-France, Emmanuel Macron a répété ses annonces. Il prévoit une majorité numérique fixée à 15 ou 16 ans, une vérification obligatoire de l’âge sur les réseaux sociaux et la confirmation de l’interdiction du portable au lycée dès septembre 2026.
Reste toutefois la question que tout le monde se pose : pourquoi Saint-Malo et pas Rennes ? Pourquoi éviter la capitale régionale (siège social d’Ouest-France), dotée d’infrastructures capables d’accueillir une telle séquence, que ce soit à la préfecture ou au Couvent des Jacobins ?
Interrogée, la préfecture renvoie vers l’Élysée. L’Élysée renvoie vers Ouest-France, l’organisateur. Ouest-France ne répond pas. Et le mystère s’installe. Le parallèle avec Arras renforce du coup l’interrogation dans l’a mesure où Rennes avait la symbolique, les moyens, la centralité.
Alors pourquoi ce choix malouin ? Serait-ce pour éviter une ville jugée plus sensible ? Pour se prémunir d’une manifestation ? Pour offrir une carte postale plus docile qu’une métropole bouillonnante ? Aucune réponse. À Saint-Malo, tout était maîtrisé : pool d’image trié sur le volet, accréditations serrées, communication verrouillée. La tournée se poursuit désormais. Mais on aurait aimé une réponse. La transparence permet aussi de combattre les fake news…



