Il devait rencontrer des lycéens ce vendredi 9 octobre 2026, à Rennes et à Bruz. Mais la visite d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a finalement été annulée ce jeudi, vers 18 h. Cette décision intervient dans un climat particulièrement tendu, après plusieurs journées de violences urbaines. La crainte d’un accueil mouvementé a-t-elle pesé dans la balance ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer.
Le déplacement devait conduire Édouard Geffray au lycée Louis-Guilloux, à Rennes, puis au lycée Anita-Conti, à Bruz. Il devait être l’occasion pour le ministre d’échanger avec les élèves et les équipes éducatives, alors que la mobilisation lycéenne secoue la capitale bretonne depuis plusieurs jours. Mais à quelques heures de sa venue, le programme a été abandonné en fin d’après-midi.
Sur les réseaux sociaux, ce déplacement faisait déjà beaucoup parler. Des appels circulaient pour venir manifester devant les grilles des établissements concernés par de nombreux syndicats. Le ministre a-t-il préféré éviter une confrontation avec une jeunesse particulièrement remontée ? La question se pose, mais aucune explication officielle ne permet, pour l’heure, de retenir cette hypothèse.
Toute l’après-midi, les forces de l’ordre s’étaient pourtant préparées à encadrer cette visite. Car à Rennes, les déplacements ministériels ne sont pas toujours de tout repos…. Les plus anciens se souviennent notamment de la venue du premier ministre, Édouard Balladur, lors du mouvement des pêcheurs, et des violents affrontements qui avaient marqué cette période.
L’annonce de cette annulation est, en revanche, accueillie avec soulagement dans les rangs policiers. « Le calendrier n’était pas favorable », convient Frédéric Gallet, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police nationale. « Les effectifs sont sur le terrain. Ils sont épuisés par les violences urbaines. Nous n’avions pas le temps d’organiser un voyage officiel, surtout qu’il y a un match ce dimanche. »
Le représentant syndical ne cache pas non plus son amertume à l’égard du chef de l’État. « On a été humiliés par le président de la République. Il aurait dû avoir un mot pour nos 700 camarades blessés », déplore-t-il, en référence aux policiers touchés lors des récentes mobilisations. Si Édouard Geffray ne viendra finalement pas à Rennes, il doit néanmoins prendre la parole ce jeudi soir, au journal de 20 heures de TF1. Selon Matignon, il y annoncera de « premières mesures concrètes » destinées à répondre aux revendications des lycéens.


