Derrière les images spectaculaires de la voiture encastrée dans le siège social d’Espacil se dessine un drame humain. Selon nos informations, l’homme qui a lancé sa Dacia Logan contre la façade du bailleur social, dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 juillet, venait de recevoir, quelques heures auparavant, son avis d’expulsion. Né en 1989, il est toujours hospitalisé au CHU de Rennes. Son pronostic vital reste engagé.
Les faits se sont déroulés vers 2 h 30, au 20, rue Guy-Ropartz, dans le quartier de Maurepas, dans la nuit de mercredi à jeudi. Au volant de son véhicule, l’homme a délibérément percuté la façade vitrée du siège d’Espacil, un immeuble de dix-sept étages. Après avoir traversé le hall d’entrée, il serait monté dans les étages où il aurait allumé plusieurs départs de feu. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait ensuite tenté de se porter atteinte à l’aide d’un cutter avant de se jeter d’une fenêtre latérale. Sa chute s’est terminée dans une allée piétonne située à l’arrière du bâtiment. Une lettre aurait également été retrouvée sur place. À ce stade, les enquêteurs privilégient la piste d’une tentative de suicide, même si les circonstances exactes de ce passage à l’acte devront encore être établies.
Premier arrivés sur les lieux, les policiers se sont précipités dans l’immeuble. Ils ont utilisé des extincteurs afin de contenir les flammes avant l’arrivée des sapeurs-pompiers. Leur intervention rapide a permis de limiter la propagation de l’incendie dans cette tour de dix-sept étages. Quelques minutes plus tard, les soldats du feu achevaient de maîtriser le sinistre. Au fil des investigations, le contexte apparaît plus clairement. Selon nos informations, l’homme venait de recevoir, le jour même, la notification officielle de son expulsion.
Pourtant, cette décision n’était pas intervenue sans solution de relogement. Depuis plusieurs mois, Espacil lui avait proposé à au moins trois reprises un autre logement. À chaque fois, il avait refusé. Très attaché à son appartement, promis à la démolition dans le cadre du vaste programme de renouvellement urbain , il aurait été le seul locataire concerné à ne pas accepter son relogement. « Ce genre d’affaires est compliqué », confie un proche du dossier. « On ne peut pas en vouloir à l’administration. Elle avait proposé plusieurs solutions. En même temps, on peut comprendre l’attachement d’un homme à son logement. Mais rien ne peut justifier un tel passage à l’acte. »
Jeudi matin, l’émotion demeurait vive parmi les habitants du quartier. « L’alarme a retenti pendant une bonne partie de la nuit. Il nous a fallu du temps pour comprendre ce qui se passait. Au début, j’ai cru à un règlement de comptes entre trafiquants », raconte un riverain. Derrière les rubalises, la violence du choc saute aux yeux. La façade vitrée du hall d’entrée a été entièrement pulvérisée par l’impact de la voiture. L’enquête devra désormais établir avec précision le déroulement des faits et les motivations exactes de leur auteur.


