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mercredi 17 avril 2024
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CRAZY RÉPUBLIC : LA POLICE POUVAIT-ELLE INTERVENIR ? 

Le samedi 11 mars, en marge des manifestations contre la réforme des retraites, en début de soirée, le magasin de vêtements Crazy Républic a été pillé par des individus bien souvent masqués et grimés. Pendant de longues minutes, les vitrines donnant sur les rues Bonne Nouvelle et d’Antrain ont résisté face aux coups de pied de nombreux hommes et de barres de fer solides. Mais sous les yeux des voisins, elles ont fini par céder dans la soirée (comme en témoignent des vidéos).

Devant ce vandalisme (une première à Rennes pour un commerce hors banque et agence immobilière), beaucoup de riverains n’ont pas compris l’absence de la police sur les lieux durant de longues minutes. « Je ne suis pas contre les manifestations. Manifester est un droit », tient à préciser Gilles, habitant de la rue d’Antrain. « Mais au moment où j’ai aperçu des jeunes détruire la vitrine du Crazy Républic, j’ai appelé le 17. En une heure trente, je leur ai téléphoné quatre fois. Sous mes yeux, je voyais des paquets de vêtements passer de mains en mains. »

De cette soirée, Gilles se souvient de gens masqués ou grimés « cassant et se servant en toute quiétude ». Devant lui, il les a vus s’en prendre au commerce. « À l’intérieur, il y avait un vigile ou deux, en tout cas des hommes. Je ne sais plus très bien. Mais devant l’agressivité des participants, ils sont partis. Les autorités étaient sans doute au courant. Avaient-ils des troupes disponibles ? Étaient-ils pris ailleurs ? On était quand même dans le seul point chaud… il y a eu au moins trois heures d’inertie. » 

Face à une telle violence, que pouvait faire la police ? « Je réponds  la même chose depuis des années », explique Frédéric Gallet, secrétaire départemental 35 Alliance Police. « Nous ne bougeons pas si nous n’avons pas de directives de la hiérarchie (préfet, directeurs…). Nous n’avons le droit à aucune initiative. Le maintien de l’ordre, c’est simple, c’est sur ordre, sur ordre, sur ordre. C’est bien sûr choquant pour les citoyens, mais c’est aussi pour beaucoup de policiers. Mais si vous n’obéissez pas, nous pouvons recevoir une sanction disciplinaire. » 

Mes collègues ont fait dix-huit heures d’affilée dans la journée de samedi. » Frédéric Gallet.

Samedi soir, la configuration des lieux et la présence de barricades ne facilitaient pas l’intervention des policiers. « On ne pouvait pas s’y rendre en véhicules. Il fallait y aller à pied ! » Samedi soir, des individus jetaient des projectiles du toit de l’ancien cinéma, l’Arvor, selon une source policière. « C’était difficile d’opérer », assure un policier. « Les gardes mobiles (gendarmes) étaient partis, après la manifestation du jour », ajoute-t-il brièvement. 

Interrogée par nos soins, la préfecture a tenu à s’exprimer sur le sujet. « Dans la nuit de samedi 11 mars 2023, des barricades ont été érigées par une centaine de personnes d’une extrême violence, de part et d’autre de l’ex-cinéma Arvor. Au moment où le magasin Crazy Républic a été investi par les fauteurs de troubles, les colonnes de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) se sont rapidement rendues sur place. Mais elles étaient tenues à distance par les jets de projectiles extrêmement nourris et les barricades érigées. »

Et d’ajouter : «Crazy Républic se trouvait derrière les barricades. Il était impossible d’agir en sécurité pour tous dans ces conditions. Des renforts (de la gendarmerie, des effectifs de la zone) ont permis de déclencher l’intervention de rétablissement de l’ordre à 23 h. Cette opération a libéré la rue à compter de 1 h du matin. Trois policiers ont été blessés lors de cette action. Le préfet leur témoigne tout son soutien et salue l’engagement et le professionnalisme des forces intérieures mobilisées pour faire face à ces actes inacceptables. » Mercredi prochain, une nouvelle manifestation aura lieu dans la capitale bretonne. « Nous avons un sentiment d’usure et de travailler parfois dans le vide. On sent beaucoup de violences », ajoute Frédéric Gallet. Souhaitons seulement par souci humaniste que personne ne soit blessée.

Infos + : « Les autorités ont toujours peur d’un incident, voire d’un décès », explique Frédéric Gallet. « Pendant des mois, le maintien de l’ordre peut bien se passer. Mais si un problème survient, nous serons cloués au pilori. Nous recevons des cocktails Molotov, des mortiers et nous pouvons être blessés, mais en face, ils ne veulent pas se blesser… dans tous les cas, ces individus brutaux décrédibilisent le mouvement. Ils sont des voleurs. »

 

 

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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