Un courriel perdu dans les spams, un site internet récalcitrant et cinq années de démarches pour obtenir des aides liées au Covid-19. Le 13 octobre 2026, le tribunal administratif de Rennes a donné raison à Haroun Chikh, artiste-auteur et dirigeant de l’entreprise 88 Prod. Il réclamait 12 315 euros au titre du fonds de solidarité mis en place pendant la crise sanitaire. L’administration fiscale devra lui verser cette somme dans un délai d’un mois.
En 2021, Haroun Chikh, artiste-auteur et dirigeant de l’entreprise 88 Prod, sollicite plusieurs aides de l’État pour compenser les pertes liées à la crise sanitaire. Pour le mois de mai, il réclame 10 000 euros le 17 juillet 2021. Deux jours plus tard, l’administration fiscale lui réclame des justificatifs par courriel. Mais le message atterrit, selon l’artiste, dans ses courriers indésirables. Sans réponse de sa part, son dossier est donc clôturé le 25 août. Pourtant, avait déjà transmis les documents nécessaires quelques mois auparavant, lors d’une précédente demande d’aide pour avril 2021. Cette dernière avait été acceptée et d’ailleurs payée.
L’affaire finit devant la justice. En décembre 2023, Haroun Chikh saisit le tribunal administratif pour obtenir son argent. Il vient d’obtenir gain de cause devant le tribunal administratif. « M. Chikh remplit les conditions d’éligibilité de l’aide au titre du mois de mai 2021 », estiment les magistrats. Mieux encore, « l’administration indique, en défense, accepter de faire droit à sa demande d’aide, d’un montant de 10 000 euros, au titre du mois de mai 2021 ».
Mais les ennuis administratifs de l’artiste ne s’arrêtent pas là. Pour août 2021, Haroun Chikh réclame 2 315 euros supplémentaires. Cette fois, il affirme avoir rencontré des problèmes informatiques sur le site officiel destiné aux demandes d’aide. Impossible, selon lui, de déposer son dossier dans les délais. Il avait pourtant signalé ses difficultés par courriel le 29 octobre 2021, avant la date limite. Le tribunal relève précisément cet élément : « M. Chikh indique n’avoir pu déposer sa demande dans les délais requis sur le site internet dédié de l’administration en raison de dysfonctionnements de celui-ci ». Là encore, le fisc reconnaît finalement son droit à l’aide. Les juges annulent également le refus concernant cette seconde somme.
Au total, 12 315 euros devront être versés à Haroun Chikh. Le tribunal ordonne le paiement des 10 000 euros pour mai 2021 et des 2 315 euros pour août 2021, dans un délai d’un mois. Une décision favorable après plusieurs années de démarches et un recours engagé en décembre 2023. Cinq ans après la crise sanitaire, les aides Covid continuent donc de faire parler d’elles devant la justice. Dans cette affaire, deux obstacles administratifs auront suffi à retarder pendant des années le versement de sommes finalement reconnues comme dues.


