Une opération de contrôles d’identité menée le 2 décembre 2025 à la plateforme colis du Rheu fait réagir. De 16 h à 22 h, des agents de la Police aux frontières sont intervenus dans les locaux de La Poste, avec l’accord du directeur d’établissement. « Une douzaine de policiers de la police aux frontières ont fait une descente en force », dénonce le syndicat SUD PTT d’Ille et Vilaine. «Ils ont procédé à des vérifications ciblant uniquement les salariés de Viaposte, filiale qui emploie massivement des intérimaires soumis à un turn over constant. »
Cinq travailleurs ont été interpellés lors de cette opération de contrôles. «C’est une chasse aux travailleurs sans papiers organisée sur délation, sous l’égide du procureur de la république », insiste le syndicat. Au passage, le syndicat rappelle le rôle essentiel de ces salariés précaires dans de nombreux secteurs. « Les touristes seraient bien embêtés si leurs chambres d’hôtel n’étaient pas nettoyées par des femmes de chambre sans papiers », tient à préciser le syndicat. « Les malades seraient bien embêtés » sans ces employés invisibles présents dans les hôpitaux et cliniques privées.
Pour le syndicat, cette affaire met en lumière les transformations profondes de La Poste, désormais composée de « 134 filiales » et de « 6 statuts » de personnel. Cette mosaïque sociale fragmenterait les travailleurs, exerçant pourtant les mêmes missions de service public, du tri des colis à l’accueil des usagers. SUD PTT d’Ille et Vilaine réclame un statut unique et la régularisation des salariés sans papiers déjà intégrés aux équipes. Pour rappel, le conflit avec les travailleurs sans papiers de Chronopost reste entier, ceux-ci réclamant depuis plus de deux ans la régularisation de leur situation.
Ce 5 décembre, suite à notre article, la direction de la Poste réagissait dans nos colonnes. « Après vérification, il y a eu effectivement un contrôle d’identité assuré par la police des frontières sur le site de traitement de colis de Rennes le 2 décembre, contrôle classique en cette période de forte activité logistique. Ce sont des employés de sociétés d’interim qui ont été contrôlés. D’après nos informations, une personne n’a pas pu présenter ses papiers au moment du contrôle.»


