Laurence Taillandier, présidente du Carré rennais et figure emblématique du commerce local, a dévoilé ce matin, au Piccadilly, les grandes lignes de son prochain événement : le salon des artisans et commerçants, prévu le 20 octobre sous la halle Martenot. Mais c’est une autre proposition qui a marqué les esprits lors de cette conférence : la gratuité des transports en commun, le week-end. «À Nantes, la maire a déjà donné son feu vert », souligne Laurence Taillandier. « Depuis avril 2021, tout le réseau TAN est en accès libre chaque week-end, y compris le samedi.»
Un soutien aux commerces et à l’environnement
Pourtant, à Rennes, la maire Nathalie Appéré (de la même couleur politique que le Nantaise Johanna Rolland) resterait opposée à cette idée. « Elle nous parle d’un coût exorbitant, sans jamais nous fournir de chiffres précis », regrette Laurence Taillandier. « Mais une telle mesure serait un vrai levier pour dynamiser le commerce de proximité. » Un avis que partage la municipalité nantaise, non sans raison. « Cette gratuité donne un coup de pouce supplémentaire aux commerces », expliquait Pascal Bolo, adjoint à la mairie de Nantes sur France 3. « Cela facilite l’accès au centre, tout en participant aux objectifs climatiques. »
En 2021, selon l’Observatoire des villes du transport gratuit, 35 communes françaises avaient déjà adopté cette mesure. Dunkerque en est un exemple notable depuis 2018. Plus grande, Montpellier a enregistré une hausse de fréquentation des transports de 15 à 25 % les week-ends depuis la mise en place de la gratuité en 2020. Des villes plus modestes, telles que Laval, Vitré ou encore La Roche-sur-Yon, ont également opté pour cette solution, avec des coûts moindres en raison de la taille de leur réseau.
À Saint-Brevin-les-Pins, les 15 000 habitants bénéficient depuis 2008 d’une navette libre tous les jours de la semaine, avec un succès notable : plus de 30 000 passagers par an.
Si le coût de la gratuité varie en fonction des villes, il reste élevé pour les grandes agglomérations comme Nantes, où le budget annuel avoisinerait les 10 millions d’euros. « C’est un choix fort », admet Pascal Bolo. « Le transport public n’est jamais rentable, mais avec la gratuité, nous misons sur l’attractivité du centre-ville et incitons à un usage accru des déplacements doux. » À Rennes, la question demeure en suspens, mais pour Laurence Taillandier, une telle mesure serait un atout majeur pour revitaliser le commerce local tout en répondant aux enjeux écologiques. Ce qui pourrait séduire une autre composante de la majorité actuelle de la capitale bretonne : les Verts.


