Mercredi 8 octobre, la représentation des Conséquences de Pascal Rambert au Théâtre National de Bretagne (TNB), à Rennes, a été brièvement interrompue. Dix minutes après le début du spectacle, un homme s’est introduit dans les coulisses, provoquant la suspension du jeu avant un retour au calme. « J’ai contacté le TNB pour pouvoir en échanger avec eux », raconte François, spectateur présent ce soir-là, à notre journal. « Mais sans résultat pour le moment. J’ai du mal à comprendre le déroulement des faits, sauf si cela ne revêtait pas une certaine gravité. »
Interrogé dès le lendemain de la représentation, le service de communication du TNB a tenté de minimiser les faits, lors d’un échange tendu. « Pourquoi voulez-vous en parler ? », a-t-on répondu, avant d’ajouter : « Nous préférons que vous parliez de nos spectacles. Pour l’heure, il reste une représentation et nous tenons à protéger nos acteurs. » Dans la même journée, Jacques Weber, lui, s’était montré beaucoup plus transparent lors d’une interview avec notre rédaction. « Ça fait partie du théâtre vivant. Vous savez ce que disait Jouvet : au théâtre, on joue ; au cinéma, on a joué. Alors, de temps en temps, il arrive des pépins. Là, ça a été un homme. Dans un premier temps, j’ai cru qu’il avait juste envie d’aller faire pipi, c’est pour cela que je ne suis pas intervenu. En fait, il était fou. Il est venu dans les coulisses, il a vraiment été très violent et il a fallu que les pompiers interviennent. C’est des choses qui arrivent, ça fait partie de la vie. »
Presque un mois plus tard, la direction du TNB a finalement pris la parole dans les colonnes d’Ouest-France. « L’homme d’une trentaine d’années, qui est monté sur scène, souffre manifestement d’un handicap psychique», a précisé Anne Cuisset, directrice adjointe du théâtre. « En coulisses, il ne s’est montré ni agressif, ni violent. Le gardien du théâtre, dont la mission est d’intervenir en cas de malaise sur scène ou dans le public, a pu le maîtriser sans difficulté. » Et d’ajouter : « Ce genre d’incident est très rare. Il est forcément étrange, voire impressionnant, mais il est inhérent au spectacle vivant. Il illustre la fragilité du jeu d’acteur. » Un mois pour rompre le silence : une temporalité un peu longue, pour une maison théâtrale qui d’ordinaire manie si bien l’art de la parole.


