Le 8 octobre dernier, devant l’hôtel de Rennes Métropole, FO a mobilisé une majorité des policiers municipaux. Face à une insécurité croissante, ils réclamaient l’armement des agents (contrairement au syndicat Sud, comme le montre notre article). Pour l’heure opposée à cette demande, la maire de Rennes Nathalie Appéré fait face à une levée de boucliers de l’opposition, qu’elle soit centriste, de droite ou d’extrême droite. Même un ancien candidat à la mairie, Bertrand Plouvier, monte au créneau. « En tant qu’élu, je soutiens fermement l’armement de la police municipale », affirme-t-il. « La sécurité de nos concitoyens est une priorité absolue. Les menaces évoluent, et nos forces de l’ordre doivent être en mesure d’y répondre de manière adaptée. La police municipale est en première ligne pour assurer la sûreté dans nos villes. Leur mission n’est pas seulement de maintenir l’ordre public. Elle est aussi de protéger nos habitants face à des situations de plus en plus complexes. »
Sur réseau social Facebook (en réaction à un de nos articles), Bertrand Plouvier ne désarme pas. « Aujourd’hui, chaque homme et chaque femme en uniforme est une cible potentielle. Les criminels, qu’ils soient violents ou organisés, ne font plus de distinction entre les différents corps de police. Que ce soit la police nationale ou municipale, les agents sont confrontés aux mêmes dangers. Face à cette réalité, il est crucial de donner à nos municipaux les moyens de se protéger et de réagir face à des situations où leur vie, et celle des citoyens peuvent être en jeu. Leur fournir des armes permettrait non seulement de dissuader les actes criminels, mais aussi de répondre efficacement en cas de danger. Bien sûr, l’armement doit être encadré par une formation rigoureuse et un suivi strict, mais c’est une nécessité pour assurer la sécurité publique. »
Nous souhaitons installer des postes de police municipale de proximité dans les quartiers sensibles », convient Carole Gandon.
Sur l’autre banc de l’opposition, Révéler Rennes veut « autoriser et former les municipaux » au port d’armes létales pour leur protection. Mais le groupe, présidé par Carole Gandon, veut aller bien plus loin. Il demande le recrutement de 20 policiers municipaux supplémentaires d’ici la fin du mandat. Rennes compte autant d’agents en tenue que la ville de Grenoble, qui dénombre près de 60 000 habitants de moins. Il n’est donc pas surprenant que notre sécurité soit si défaillante », justifie Carole Gandon. Sans tarder, elle appelle la mairie à renforcer partout la vidéoprotection et inaugurer un centre de contrôle coordonné avec la police nationale. « Nous devons créer une brigade de nuit avec des agents formés spécifiquement. Ces mesures sont urgentes et doivent être prises au plus vite. Les Rennaises et les Rennais méritent une réponse proportionnée aux dangers qu’ils affrontent quotidiennement. La sécurité n’est pas une question secondaire, elle est le premier droit de chaque habitant », conclut-elle.
Piqué au vif, l’adjoint au maire Marc Hervé a réagi sur le réseau X. « Rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre… », a-t-il ironisé. « Que Carole Gandon et Charles Compagnon usent de leur énergie à faire entendre les réalités du terrain au ministre qu’ils ont porté au gouvernement. La ville a plus que respecté sa part du contrat de sécurité intégrée, signé avec Jean Castex et Gérald Darmanin. Elle a recruté 40 policiers municipaux supplémentaires en 2 ans, triplé les patrouilles et élargi les horaires de présence la nuit. » Loin des critiques, il se veut fier de son bilan. « Nous avons déployé un réseau de 4500 caméras dans les transports, aux abords des bâtiments et équipements et sur l’espace public. La lutte contre le trafic de drogue et le grand banditisme mérite mieux que l’outrance. Elle requiert surtout que forces de l’ordre et justice soient au rendez-vous de la promesse républicaine. Restons mobilisés. » L’insécurité n’est plus un sentiment du côté de la majorité municipale.


