La journée avait pourtant commencé dans le calme, avec un défilé haut en couleur et riche en slogans (voir notre prochain article). Ce jeudi 8 octobre 2026, à Rennes, la manifestation lycéenne a finalement été émaillée de nouveaux incidents. Barricades improvisées, jets de projectiles, charges policières et grenades lacrymogènes ont rythmé le début d’après-midi, notamment aux abords des Champs libres. À 15 h 30, quatre interpellations étaient recensées.
Après une matinée de blocages relativement paisibles devant plusieurs établissements rennais (à l’exception de quelques feux devant Saint-Martin et Saint-Vincent), la mobilisation lycéenne a pris une tout autre tournure en début d’après-midi. Vers 13 h, les policiers se positionnaient rue d’Isly pour empêcher tout retour du cortège vers le centre-ville. Devant eux, un groupe d’individus masqués n’entendait pas quitter aussitôt les lieux. Certains récupéraient des chaises sur les terrasses des cafés voisins pour improviser une barricade, avant de s’avancer au contact des policiers.
Après les sommations d’usage, compliquées dans un premier temps par un mégaphone un brin récalcitrant, les forces de l’ordre (nombreuses) sont passées à l’action. Appuyées par un camion à eau, elles ont chargé les individus les plus déterminés, en faisant usage de grenades lacrymogènes. Peu auparavant, quatre à cinq personnes vêtues de noir et encagoulées s’en étaient prises à la vitrine d’une agence BNP Paribas, sous les yeux médusés des passants et des curieux.
Sous la pression policière, les plus déterminés reculaient en direction de la Taverne de Maître Kanter. Un individu était interpellé, sous les cris de « Tout le monde déteste la police ». Le calme revenait doucement, mais pour quelques instants seulement. Une dizaine de minutes plus tard, les CRS devaient se redéployer face aux Champs libres pour contenir un nouveau mouvement de manifestants. Des grenades lacrymogènes étaient alors une nouvelle fois utilisées. « Devant le bâtiment du nouvel équipement culturel, un groupe violent a jeté des projectiles sur les forces de sécurité intérieure. Une interpellation a été effectuée », précisait la préfecture au même moment sur son fil WhatsApp.
À proximité, les commerçants tentaient tant bien que mal de préserver leurs établissements. Un cafetier, voyant des manifestants particulièrement agités s’approcher de ses tables, leur lançait fermement : « Je ne veux personne sur ma terrasse. » Dans les rues voisines, la tension restait palpable malgré la dispersion progressive du cortège. Vers 14 h, la manifestation semblait pourtant toucher à sa fin. Mais certains avaient encore l’intention d’en découdre. « Alors que la manifestation s’est dispersée vers 14 h, des individus masqués ramassent des pierres et tentent de créer de nouveaux troubles », signalait la préfecture.
Vers 14 h 30, une nouvelle barricade de poubelles en feu était érigée sur le pont de l’Alma. Les tensions se déplaçaient ensuite vers le centre pénitentiaire pour femmes, où un petit groupe d’individus hostiles dressait un barrage et lançait des projectiles en direction des policiers. Après plusieurs heures de face-à-face et de mouvements de foule, la situation semblait progressivement revenir à la normale. À 15 h 30, quatre personnes avaient été interpellées. Vers 17 h 30, dans le cadre des manifestations lycéennes, les sapeurs-pompiers expliquaient être intervenus à neuf reprises, notamment pour six feux de matériaux divers et trois secours à personnes. Les victimes (des manifestants) étaient toutes classées en urgence relative. Quatre lycées ont été concernés : La Salle, St-Vincent, St-Martin et Bréquigny (Rennes).


