Après trois jours d’occupation, les bâtiments du campus Villejean de l’université Rennes 2 ont été évacués ce jeudi 8 octobre, dans le calme. Mais les dégâts sont importants. Dans un nouveau communiqué diffusé jeudi soir, la présidence dénonce une « casse violente et aveugle ». Ce scénario rappelle les événements de mars 2025, lorsque les dégradations avaient entraîné aussi la fermeture du campus.
Nous l’évoquions déjà dans nos colonnes : la situation était devenue particulièrement préoccupante à l’université Rennes 2, où les étudiants avaient voté, lundi 5 octobre, l’occupation du campus Villejean en soutien au mouvement lycéen. Trois jours plus tard, les bâtiments ont finalement été libérés. « Les bâtiments du campus Villejean occupés depuis lundi 5 octobre ont pu être évacués ce matin, dans le calme et sans incident », confirme la présidence dans un communiqué transmis jeudi soir.
Mais le retour à la normale prendra du temps. À l’intérieur de l’établissement, les premières constatations révèlent des dommages importants. « D’importantes dégradations ont été constatées, principalement dans le bâtiment B, le bâtiment Erève, mais aussi dans les bâtiments L, M et S, et plus largement sur l’ensemble du campus Villejean », précise la direction. Le bilan matériel n’est pas encore chiffré, mais les conséquences s’annoncent durables. « Plusieurs semaines seront nécessaires pour la remise en état des locaux », prévient-elle.
La présidence condamne fermement les dégradations
Dans sa communication, la direction de Rennes 2 prend soin de distinguer les revendications sociales des violences commises dans l’établissement. Elle rappelle son soutien au mouvement lycéen, rejoint par des étudiants, qui réclame davantage de moyens pour le service public. Mais elle ne légitime pas les destructions constatées sur le campus. « Les dégâts causés sur le campus ne relèvent pas de la mobilisation sociale en cours, mais d’une casse violente et aveugle de notre outil de travail », affirme la présidence. Le ton se durcit encore lorsqu’elle ajoute : « Nous condamnons sans réserve ces comportements commis par des individus qui détournent le mouvement et le desservent. »
Pour la direction, au-delà des réparations matérielles, c’est aussi le fonctionnement quotidien de l’université qui se trouve fragilisé. « Les campus universitaires sont un bien commun qu’il nous appartient de préserver pour permettre à nos étudiants et étudiantes, ainsi qu’à nos futurs étudiants et étudiantes, d’avoir accès à des conditions d’études et à une formation de qualité », rappelle-t-elle.
Un précédent à 400 000 euros en 2025
Ce n’est pas la première fois que Rennes 2 doit faire face à de telles destructions. En mars 2025, comme nous l’avions relaté dans nos colonnes, la présidence avait déjà évalué à 400 000 euros le montant des dégâts occasionnés par deux occupations successives du campus : 300 000 euros en janvier, puis 100 000 euros supplémentaires en mars. Le bâtiment B avait été particulièrement touché. Portes et cloisons détruites, locaux devenus impropres à l’accueil du public : plusieurs semaines de réparations avaient alors été annoncées.
À l’époque, le bâtiment B ne répondait plus aux normes de sécurité nécessaires à l’accueil du public. Le campus Villejean et sa bibliothèque centrale avaient dû rester fermés toute une semaine, du 24 au 30 mars, avec des enseignements assurés à distance. La présidence avait alors dénoncé un « déferlement de violence contre notre site d’études et de travail ». Sept mois plus tard, l’histoire semble se répéter. Le bâtiment B figure une nouvelle fois parmi les plus endommagés. Si aucun montant n’a encore été avancé pour les dégradations d’octobre, la présidence évoque, comme au printemps dernier, plusieurs semaines de remise en état.
Reste désormais à savoir quand et dans quelles conditions les étudiants pourront retrouver leurs salles de cours. La présidence annonce qu’elle communiquera prochainement sur « l’organisation de la poursuite de nos activités d’enseignement, de recherche et administratives. Notre souhait le plus cher est de pouvoir retrouver aussi vite que possible un fonctionnement normal », conclut-elle. Une nouvelle assemblée générale étudiante est prévue ce vendredi 9 octobre, en extérieur. Si l’occupation des bâtiments a pris fin, la mobilisation pourrait, elle, se poursuivre.


