Ce 19 juillet, les drapeaux rouges flottent temporairement sur les plages de Saint-Malo, du Minihic à la Hoguette, en passant par Rochebonne. En cause : une contamination bactériologique liée aux pluies diluviennes tombées la veille. Ce phénomène, appelé pollution par ruissellement, n’est pas rare, mais il reste mal connu du grand public.
Lors d’un épisode orageux, l’eau de pluie se déverse sur les surfaces urbaines : routes, trottoirs, parkings… Sur son passage, elle récupère de nombreux polluants : hydrocarbures, déchets, déjections animales, résidus agricoles ou industriels. Ce cocktail est ensuite entraîné vers les réseaux pluviaux puis rejeté en mer, souvent sans traitement préalable.
Résultat : la qualité de l’eau se dégrade brutalement, avec une concentration accrue de bactéries comme E. coli ou les entérocoques intestinaux, qui présentent un risque sanitaire pour les baigneurs. Face à ces risques, les autorités prennent parfois la décision de fermer temporairement l’accès à la baignade. C’est ce qui s’est passé à Saint-Malo, dans la nuit du 18 au 19 juillet, alors que le département d’Ille-et-Vilaine était en vigilance orange pour les pluies et inondations. La signalisation (flamme rouge) est alors activée pour avertir les usagers.
À midi trente, le drapeau rouge a été hissé au moment où les sauveteurs ont débuté leur service. Mais juste avant leur arrivée, plusieurs baigneurs profitaient déjà de l’eau, inconscients du danger. Pour rappel, l’ARS Bretagne a confirmé une qualité de l’eau « satisfaisante » à « excellente » sur les 14 sites de baignade du pays malouin. Avec le dérèglement climatique, les épisodes orageux intenses sont de plus en plus fréquents. Ce type de pollution ponctuelle pourrait donc se multiplier à l’avenir, surtout dans les zones urbaines côtières.
Crédit : photo fournie par un promeneur.



