Le 23 juin dernier, Lena (prénom changé) fêtait ses 19 ans. Ce soir, qui devait être joyeux, a viré au cauchemar. Elle se trouvait au parc des Gayeulles à Rennes, en compagnie de son ami. « On était assis sur un banc, on discutait tranquillement, c’était le jour de mon anniversaire », raconte-t-elle. Peu après 20 h, tous deux prennent le chemin du retour dans un parc calme, presque désert, à quelques mètres des jeux. « Il n’y avait pas grand monde. » À cette heure-là, ils croisent juste un groupe, qu’ils remarquent à peine au milieu des arbres. Mais quelques minutes plus tard, les mêmes individus reviennent derrière eux. Ils sont huit. « Ils ont demandé l’heure. Mon ami a regardé sa montre, moi j’ai sorti mon téléphone : il était 20 h 14 », se souvient-elle.
Ma fille et son ami sont arrivés en pleurs, à la maison », indique la maman.
Ce geste anodin déclenche l’agression. L’un des assaillants sort un couteau et le pointe sur le jeune garçon, qui parvient à se sauver. Léna, elle, se retrouve encerclée. Seule, face à huit individus qui l’intiment de sortir son téléphone, de leur donner le code. Terrifiée, elle obéit avant que ses voleurs ne s’enfuient. « L’agression a duré environ cinq minutes. » Choquée, Léna court chercher de l’aide. « J’ai trouvé un couple qui a appelé la police. Mon ami, de son côté, avait aussi prévenu les forces de l’ordre. »
Aujourd’hui, les séquelles ne sont pas que matérielles. « Depuis, j’ai peur de sortir seule. J’y pense tout le temps, surtout les premiers jours. Je ne parvenais pas trop à dormir. » Léna a perdu bien plus qu’un iPhone 15 : ses photos, ses souvenirs, y compris des images précieuses de son père décédé. A Rennes, Léna n’est pas un cas isolé. « D’autres jeunes de son entourage ont subi des agressions similaires, parfois pour une simple montre ou une paire de chaussures avec le même mode opératoire. Mais ce n’est certainement pas le même groupe de personnes. »
Dans mon téléphone, je disposais de mes prépérations au bac. J’ai été obligée de tout refaire. » Léna.
Depuis, Léna a porté plainte avec sa mère et les parents de son ami. « Le jour même, un couple de passants a pris une photo des assaillants de dos. On aimerait bien les retrouver. Cette image pourrait être une pièce clé pour les identifier », explique sa maman. Depuis l’agression, Léna se protège à sa manière : un vieux téléphone hors service, sans batteries, dans son sac. S’il faut à nouveau faire face à la violence, elle espère que cela suffira. Pour rappel, deux couples ont été agressés de la même manière aux abords du parcs Saint-Martin.


