Lyhanna est un nom qui suscite tristesse et colère depuis que sa mort a révélé d’importants dysfonctionnements de la justice française. On parle de failles judiciaires, de fautes, de manquements. Les termes ne manquent pas et sont assumés par les autorités politiques et judiciaires qui reconnaissent leurs erreurs. Dans cet objectif, le tribunal judiciaire de Rennes se mobilise pour gagner en transparence et en rigueur. Le lundi 29 juin à 16h30, la présidente du tribunal et le procureur de la République organisent une réunion publique au tribunal judiciaire de Rennes. Elle est ouverte à tous, dans la limite des places disponibles. Son objectif est clair : répondre aux interrogations de chacun sur le fonctionnement de l’institution judiciaire.
La justice a été pointée du doigt par les rapporteurs de la mission d’inspection déclenchée après la mort de Lyhanna qui ont rendu leurs analyses le 22 juin dernier. Alors que le corps de la fillette a été découvert le 4 juin, la semaine ayant suivi sa disparition a suffi pour identifier un suspect. Puis pour démêler le dossier de ce suspect et découvrir toutes les plaintes à son encontre. Entre 2017 et 2025, il a fait l’objet de nombreux signalements, procédures et plaintes pour viol sur mineurs.
Face à ces conclusions accablantes, le gouvernement a mis en lumière les défaillances dans le traitement de ces plaintes. Selon lui, les outils juridiques existaient bel et bien, mais ils n’ont pas été pleinement mobilisés. Une circulaire du ministère de la Justice, publiée en janvier dernier, rappelle pourtant que « les violences physiques ou sexuelles doivent faire l’objet d’une vigilance particulière et d’un traitement prioritaire ». Malgré ces instructions, la plainte déposée par la mère d’une fillette, qui dénonçait une cinquantaine de viols, a été instruite comme une procédure ordinaire, sans bénéficier de cette priorité.
À la suite de ces dysfonctionnements, le gouvernement a annoncé des sanctions à l’encontre des responsables concernés. Il a réaffirmé la nécessité d’appliquer rigoureusement les dispositifs déjà prévus par les textes. L’enjeu dépasse toutefois ce seul dossier : il s’agit de garantir un traitement rapide et adapté de chaque plainte pour violences sexuelles. Cela suppose une meilleure appropriation des procédures par les forces de l’ordre et les magistrats, mais aussi une information plus claire des victimes et des témoins sur les dispositifs existants et leurs droits.


