Nouveau rebondissement dans l’affaire du service de neurochirurgie du CHU de Rennes (voir notre article ici). Accusés de harcèlement par neuf salariés de l’hôpital, deux neurochirurgiens, Xavier Morandi et Marco Cornolia, ont intenté une action en justice contre Paris Match et sa journaliste, Anne Jouan, ce 17 juillet, devant le tribunal correctionnel. Dans le cadre d’une procédure en référé, ils contestent notamment deux reportages publiés en janvier et février derniers (lire ici et ici), où il est évoqué des « brimades, humiliations, surmenages, violences verbales, harcèlement moral et sexuel. »
Présomption d’innocence contre exercice de la presse
À l’audience, Jérôme Stéphan, avocat de Xavier Morandi (actuellement suspendu de ses fonctions), et Carla Sammartano, défenseuse de Marco Cornolia, ont longuement présenté leurs arguments. « Dans les deux reportages, des allégations portent atteinte à la présomption d’innocence de Xavier Morandi », a déclaré Jérôme Stéphan. « Quand on cite une personne en affirmant qu’elle a été victime de harcèlement sexuel de la part de mon client, c’est un préjugement ! »
De l’autre côté de la barre, l’avocat Christophe Bigot a mis en avant le « management toxique », la « désorganisation » et le « sexisme » présents dans certains hôpitaux. La veille de l’audience, Anne Jouan avait pris la parole sur le réseau X. « Le but de cette procédure “bâillon” est clair : faire taire ceux qui les accusent. » La décision de justice sera rendue le 30 août prochain. Elle n’aura pas d’impact sur l’enquête policière menée sur les soupçons de harcèlement contre les deux professeurs.
Informations supplémentaires : les avocats des professeurs ont également déposé une plainte pour diffamation avec constitution de partie civile contre Anne Jouan et Paris Match auprès du doyen des juges d’instruction à Rennes. La journaliste et son directeur de publication sont convoqués pour une mise en examen le 25 juillet, avant de comparaître devant les juges pour discuter du fond de l’affaire.


