Après la lecture d’un rapport de la Chambre régionale des Comptes, le Mensuel de Rennes évoquait dans ses colonnes « l’absentéisme chronique » de Sébastien Séméril, adjoint au maire de la majorité socialiste, lors des conseils d’administration de la Semtcar. Rien de grave…sauf que malgré ses absences, l’élu a été rémunéré pendant trois ans (à raison de 90 euros par réunion) pour représenter nos concitoyens.
De la transparence
Résultat, l’opposition municipale tire à boulets rouges sur le pouvoir municipal socialiste. « Lors de sa campagne, Nathalie Appéré a signé la charte de l’ONG Transparency International qui prévoyait la publication du montant cumulé de l’ensemble des indemnités perçues par les élus », expliquent les représentants d’En Marche du groupe Révéler Rennes. « Cet engagement n’a pas été́ tenu. Qui peut dire exactement le montant des rémunérations de Messieurs Hervé, Le Bougeant ou Sémeril au titre des mandats qui leur ont été́ confiés et qu’ils demandent à̀ cumuler, une fois encore, lors des prochaines élections départementales ? »
La droite n’est pas plus tendre. « L’engagement politique ne doit pas être envisagé comme une activité́ professionnelle », précise Charles Compagnon (Libres d’Agir pour Rennes). « Malheureusement, le cumul qui atteint parfois des sommets, nous conduit à̀ douter des intentions de ceux qui les pratiquent. (…) La pilule est amère venant de Sébastien Sémeril qui aime donner régulièrement des leçons de moral. Ces mandats ne sont pas un dû ou un quelconque héritage. »
Contacté par le quotidien Ouest-France (rebondissant sur cette affaire), Sébastien Sémeril qualifie cette affaire de « triste polémique. La chambre régionale des comptes est clairement dans son rôle quand elle relève mes absences au conseil d’administration de la Semtcar. Mais je regrette ce prisme unique des instances pour juger de l’engagement ou non d’un administrateur. Le chantier hors norme de plus d’1 milliard d’euros du métro nécessitait et nécessite toujours une mobilisation des élus concernés ne se résumant évidemment pas aux quelques heures de présence en conseil d’administration chaque année. J’ai donc la fierté d’avoir modestement contribué au suivi de cette 2de ligne de métro, tant ce chantier nous aura mobilisés nuit et jour pendant toutes ces années. »
De nombreux anciens élus socialistes sont toujours membres de conseils d’administration : Marcel Rogemont (président de Néotoa), Hubert Chardonnet et Marie-Anne Chapelaine (membres du conseil d’administration d’Archipel Habitat).
D’après cet élu, le montant des indemnités peut être consultés dans le cadre des déclarations à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ». Problème, en consultant le site, la déclaration de Sébastien Sémeril est à venir…Mais il n’est pas le seul. De nombreux élus rennais comme Honoré Puil (président d’Archipel Habitat), Benoit Careil (président du GIP Café Cultures) et bien d’autres sont dans le même cas.
En revanche certains élus ont publié leurs déclarations. La maire Nathalie Appéré qui cumule (ou a cumulé) les fonctions dans des organismes publics ou privés (présidente du conseil de surveillance du CHU de Rennes, présidente d’Archipel Habitat de 2014 à 2020, présidente de l’Agence nationale de l’Habitat de 2015 à 2020, secrétaire générale de France Urbaine…) a uniquement déclaré des rémunérations versées par Archipel Habitat (827 euros brut en 2018). En revanche, elle n’a pas donné le montant du défraiement des frais de déplacement pour chaque conseil administration de ce même organisme (1).
Le 14 mai 2015, auprès de cette haute autorité, Marc Hervé, adjoint au maire a déclaré une somme de 97 euros pour trois réunions au titre de la SEM Citédia et 513 euros par mois en qualité de vice-président du syndicat des eaux. Le 23 juin 2015, Didier Lebougeant, en qualité de président de la SEM Citémédia, annonçait une indemnité de 379, 63 euros par mois. Mais difficile d’en savoir beaucoup plus sur les indemnités de nos élus (et leurs frais de déplacements), présents dans les conseils d’administration de Citédia, d’Archipel Habitat, de Néotoa, de la Semtcar… faute d’un document recensant toutes leurs rémunérations. « On n’est d’ailleurs pas très loin de l’opacité pratiquée dans les grands groupes du Cac 40 », ose un observateur éclairé.



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