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mercredi 29 avril 2026
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LE « DEAL » DE LA MAIRE ET DU PROCUREUR CONTRE LES TRAFIQUANTS

A Rennes, les règlements de comptes et les trafiquants de stupéfiants pourrissent la vie des citoyens. Encore récemment, une fusillade devant le supermarché de Cleunay a fait un mort, le 17 mars dernier. Face à cette situation dramatique, la maire de Rennes, Nathalie Appéré, a demandé au Procureur de la République, Philippe Astruc, de s’exprimer devant le conseil municipal de Rennes, ce lundi.

La première idée : responsabiliser l’usager par une amende

« La situation de Rennes est bien sûr spécifique. Cependant, tout le territoire national est concerné par cette problématique d’usage de stupéfiants. C’est le premier problème à Rennes comme partout ailleurs. « En France, il y a à peu près 4 millions d’usagers d’usagers de cannabis et environ 1,2 d’usagers réguliers. En face de cette demande importante, nous avons une offre qui se structure de plus en plus. »  Contre ce trafic, le Procureur de la République a mis en place une politique de responsabilisation des usagers (comme nous l’avons maintes fois répété dans nos colonnes). « Le législateur nous a doté d’un nouvel outil (amende forfaitaire délictuelle). Cette amende frappe les consommateurs à Rennes depuis juin dernier.  Depuis le début de cette expérimentation, 831 personnes ont été verbalisées. »

En demandant au procureur de la République de venir s’exprimer devant son conseil, la maire de Rennes, fine politicienne, a évité un débat houleux », explique un proche du dossier. « Elle s’est placée au-dessus des partis, en faisant valoir le travail commun de la police, du préfet, du procureur et de la mairie. Espérons seulement que ce tour de passe-passe politique suffise à calmer les esprits et soit efficace contre les méchants ! « 

Mais la lutte est aussi contre les organisations criminelles fonctionnant « comme des PME, illégales, criminelles ». « A Rennes, nous identifions à peu près une vingtaine de lieux de vente de produits stupéfiants, pour l’essentiel dans les quartiers et dans le centre-ville. » Sous l’impulsion de la cellule de renseignement opérationnel sur les stups (CROS) et la cellule de regroupement des enquêteurs de la gendarmerie, les résultats commencent à être significatifs. « Nous avons modifié nos pratiques et nous sommes désormais plus efficaces », assure le Procureur. « Dans le secteur police, les saisies de cannabis ont été multipliées par deux (48 kilos en 2019 et 94 en 2020) et celles des autres produits également comme l’héroïne (augmentation de 880% en un an). »

Mais les bons résultats sont ternis par les règlements de compte. Comme nous l’avions déjà dit dans nos colonnes, leur augmentation est là aussi significative. « Nous en avions deux en 2018, 4 en 2019 et 10 en 2020. Pour la population, cela marque une dégradation de la qualité de vie. Car disposer d’un point de deal en bas de chez soi, ce n’est déjà pas agréable mais des explications l’arme au poing au pied de son immeuble, cela devient invivable. » Contre cette violence, le Procureur tape du poing sur la table. « Il faut absolument identifier les auteurs et ne pas laisser leurs méfaits impunis. A chaque méfait doit correspondre une élucidation et une enquête approfondie. Au printemps dernier, tous les moyens de la Police judiciaire de Rennes ont permis l’interpellation de quinze individus. »

Rennes ne doit pas basculer !

Mais comment expliquer cette recrudescence de violences ? « Avec le confinement, la raréfaction des produits a provoqué des tensions entre trafiquants et au sein des groupes criminels. En revanche il faut être lucide. Tout n’est pas lié au confinement. A la tête de ces groupes criminels (ou membres),  une nouvelle génération a un rapport beaucoup plus décomplexé que la précédente à l’usage des armes. L’idée de recourir à des armes est moins taboue qu’avant. » Contre les trafiquants, Philippe Astruc prône la « co-production » pour éviter que « Rennes bascule « comme des villes comme Marseille. Il en appelle au travail de tous, de la municipalité aux opérateurs d’HLM en passant par la police, la justice. « Il ne suffit pas d’afficher une détermination il faut qu’on travaille tous ensemble pour avancer », a-t-il expliqué à Loïck Le Brun, élu d’opposition.

Mais plus encore, il demande le déploiement de la vidéosurveillance dans le centre-ville. « Mon besoin et celui des services de police est d’avoir une densification de ce type d’outils notamment sur le centre-ville. Ce n’est certes pas un outil miracle. Par contre, il permet aux services de police de savoir ce qui s’est passé, combien de personnes étaient impliquées et comment elles étaient habillées. Si nous disposons d’images, cela nous permet d’incriminer ou de disculper. Il ne s’agit pas de mettre partout de la vidéoprotection mais d’en mettre là où c’est utile. Sera-t-il entendu par la mairie ? Il a en tout cas l’assurance de partager les mêmes points de langage. « Grâce à une « coproduction », ajoute la maire de Rennes, Nathalie Appéré, chacun est mobilisé, chacun est dans son rôle, chacun dans ses missions. » De là à co-satisfaire tout le monde, l’avenir seul le dira…

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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