Ce vendredi 6 novembre, les tensions n’ont pas totalement disparu devant les lycées rennais. À Bréquigny, dans le secteur de Victor-et-Hélène-Basch et de Coëtlogon, ainsi qu’aux abords de Mendès-France, quelques incidents ont ponctué la matinée. Le face-à-face entre certains manifestants et les forces de l’ordre a de nouveau donné lieu au désormais traditionnel rituel des tirs de mortiers d’artifice, des gaz lacrymogènes et des interpellations. Aucun bilan précis de ces dernières n’était encore disponible à la mi-journée. Mais cette fois, les événements semblent être restés plus limités que ceux de jeudi.
Car la veille, Rennes a connu une journée autrement plus agitée. Près de 30 000 personnes ont manifesté dans les rues de la capitale bretonne, selon les estimations rapportées par Rennes Infos Autrement, contre 20 600 selon la préfecture. Si le cortège syndical s’est déroulé dans une ambiance plutôt bon enfant, des groupes d’individus masqués avaient provoqué de violents incidents. Dès 14 h 30, l’hôtel Saint-Antoine, avenue Janvier, avait été vandalisé. Ses vitrines avaient été dégradées et son intérieur saccagé. « Bourgeois, tremblez ! », pouvait-on lire sur la façade.
La situation avait rapidement dégénéré entre les forces de l’ordre et les groupes les plus hostiles. Jets de projectiles, charges policières, canon à eau et interpellations s’étaient succédé. La préfecture avait annoncé plusieurs dizaines d’arrestations et dénoncé des violences contre des syndicalistes. « Alors que le cortège syndical reprenait sa déambulation, les syndicalistes ont été violemment attaqués par des individus masqués », avait-elle précisé.
En fin d’après-midi, la place de Bretagne avait été à son tour le théâtre d’affrontements. Sous le regard impassible des Baigneuses, les sculptures bien connues des Rennais, des mortiers d’artifice avaient été tirés en direction des forces mobiles, sous les applaudissements de certains manifestants. Les policiers et gendarmes avaient répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes, avant de reprendre le contrôle de la place vers 17 h. Plusieurs poubelles brûlaient encore dans les rues adjacentes. À 18 h, les pompiers faisaient état de cinq interventions pour secours à personne en lien avec la manifestation contre la vie chère, dont trois avaient donné lieu à un transport au CHU. Photo d’archives.


