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mercredi 30 septembre 2026
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des arbres sur la…Touche!

À Rennes, le projet immobilier porté par Néotoa au 41, boulevard de Verdun, continue de faire grincer des dents. Devant le conseil municipal, ce 28 septembre, le collectif La Touche a une nouvelle fois défendu les arbres présents sur cette parcelle. « La discussion avec l’opérateur immobilier n’est pas terminée », répond la ville.

Ils sont venus « plaider la cause du vivant ». Devant les élus rennais, les représentants du collectif La Touche ont remis sur la table le projet immobilier prévu au 41, boulevard de Verdun. Ils ont parlé au nom des habitants du square Le Gall La Salle et des alentours, mais également des « plus de 1 900 signataires » d’une pétition lancée il y a un an contre l’abattage de onze arbres adultes sur les quatorze présents. « Ce projet est un non-sens écologique et social. Vous ne pouvez l’ignorer », ont lancé les représentants des habitants.

« Néotoa n’est pas n’importe quel agent économique »

Car pour eux, l’enjeu dépasse la seule construction de trente logements accessibles à la propriété et six niveaux de bureaux, dont les trois premiers seraient occupés par Néotoa. Après les fortes chaleurs estivales et les épisodes d’inondations, ils refusent de voir disparaître les derniers mètres carrés de pleine terre et les arbres adultes du secteur. pour sauver leur espace de verdure, les riverains ont surtout directement interpellé la majorité municipale sur ses liens avec le bailleur. « Néotoa, office public de l’habitat, n’est pas n’importe quel agent économique », ont-ils insisté.

À leurs yeux, les collectivités disposent de leviers pour peser sur les choix de l’organisme. « Quand comptez-vous imposer à Néotoa sa juste contribution dans le projet de ville résiliente que vous nous promettez ? », ont-ils demandé aux élus. Le collectif met notamment en avant la gouvernance de l’office public de l’habitat, où siègent des élus et des personnalités qualifiées désignées par les collectivités. Parmi ces personnalités figurent notamment Olivier Dehaese, maire d’Acigné et vice-président de Rennes Métropole délégué à l’Aménagement et au Climat, ainsi que Marcel Rogemont, ancien député socialiste. 

Des logements vacants plutôt que des arbres abattus ?

Par principe, le collectif assure ne pas être opposé à toute nouvelle construction. « Accueillir sur notre lieu de vie une urbanisation écologique, nous sommes pour », précise-t-il. Mais ses membres demandent de privilégier l’existant. Ils citent notamment treize appartements qu’ils présentent comme inoccupés aux numéros 3 et 4 du square Le Gall-La Salle, des espaces désaffectés près de la halte SNCF ou encore les locaux devenus vacants de la résidence étudiante de 130 logements gérée par le Crous et évacuée à la fin de l’été.

« Le premier principe de l’écologie n’est pas de compenser, surtout lorsque les mesures compensatoires de revégétalisation sont grotesques », ont-ils lancé. À leurs yeux, il faudrait d’abord « entretenir, réparer, reconvertir » et intégrer au projet le patrimoine arboré déjà existant. Leur demande est sans ambiguïté : préserver les arbres adultes et « cette dernière parcelle arborée du boulevard  ».

« Ce projet, en l’état, ne nous satisfaisait pas »

La réponse de Marc Hervé ouvre justement une porte. Le premier adjoint à l’urbanisme rappelle avoir reçu les représentants du collectif il y a près d’un an. « Je leur avais indiqué que ce projet, en l’état, ne nous satisfaisait pas. Et ce n’est pas l’été que nous avons vécu (…) qui nous fera changer d’avis, bien au contraire. » La ville serait même allée plus loin. Dès 2024, elle aurait proposé à Néotoa des solutions alternatives, parmi lesquelles « l’achat de la parcelle concernée pour sanctuariser cet espace vert ». « Cette proposition tient toujours et je veux d’ailleurs vous rassurer dès maintenant sur un point : la discussion avec Néotoa n’est pas terminée », assure Marc Hervé. Selon lui, des échanges avaient encore eu lieu la semaine précédant le conseil municipal.

Mais le premier adjoint rappelle toutefois les limites du pouvoir municipal. Au regard du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), Néotoa,  propriétaire de la parcelle peut y réaliser une opération immobilière. Preuve en est, le permis de construire récemment délivré est, selon Marc Hervé, conforme aux règles d’urbanisme applicables ainsi qu’à la Charte de l’arbre en ville. « Nous ne pouvons donc pas, par la seule opportunité, refuser de le délivrer dès lors qu’il respecte la lettre des prescriptions de notre PLUi », explique-t-il.

Selon l’élu, sa nouvelle implantation évitera notamment l’abattage des arbres situés en rangée le long du boulevard et prévoirait une compensation pour ceux qui ne peuvent être conservés. Reste donc à trouver un compromis entre construction de logements, maintien du siège de Néotoa et préservation de cet îlot de fraîcheur. « La question est donc moins de savoir s’il faut construire que de savoir comment construire, où construire et avec quelles exigences », résume Marc Hervé. Le dialogue doit désormais se poursuivre avec Néotoa, notamment avec plusieurs élus métropolitains concernés par l’urbanisme et l’habitat. « Les semaines qui viennent devraient éclaircir cette situation », promet le premier adjoint.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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