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André Guy, l’homme qui avait offert la Coupe de France au Stade Rennais, s’en est allé

Il est parfois de curieux signes du destin. Quelques jours après la lourde défaite du Stade Rennais face à Lyon (4-0), André Guy vient de nous quitter. L’ancien avant-centre avait porté les couleurs des deux clubs. Son passage à Rennes fut éclair, six petits mois. Mais il restera pour toujours « l’homme de la Coupe », celui qui délivra les Rouge et Noir en finale de la Coupe de France 1971 face… à l’Olympique lyonnais.

Lorsqu’il débarque à Rennes en janvier 1971, André Guy possède déjà un solide pedigree. Formé à Sochaux, passé notamment par Saint-Étienne et Lille, il s’est surtout illustré à Lyon, où il est devenu meilleur buteur du championnat de France en 1969. Mais à trente ans, l’avant-centre cherche un nouveau défi. « Neuf sélections en équipe de France, sans oublier les dix présences sur le banc de touche, le titre de meilleur buteur de la D1 : tel est le profil du Lyonnais André Guy », racontait Ouest-France en septembre 2001, dans un numéro spécial consacré aux 100 ans des Rouge et Noir.

À Rennes, Jean Prouff cherche justement un avant-centre. L’adaptation est pourtant compliquée. « Il marqua, certes, des buts (5 en championnat et 6 en Coupe), mais dans le jeu il demeure toujours en retrait », relatait le quotidien vingt ans plus tard. Le passage de Guy en Bretagne aurait donc pu rester anecdotique. La Coupe de France va en décider autrement. Lors de cette compétition, l’attaquant se montre décisif au meilleur moment. En demi-finale contre l’Olympique de Marseille, il inscrit les deux buts rennais permettant aux Rouge et Noir d’arracher la qualification aux tirs au but. « Cette finale de Coupe de France, c’est quand même quelque chose. Surtout celle-ci, devant Lyon, car j’avais une revanche à prendre », se souvenait-il dans Ouest-France.

Photo Stade Rennais. 

Le 20 juin 1971, au stade olympique de Colombes, Rennes retrouve donc Lyon en finale. Le match est âpre. À la 63e minute, André Guy obtient un penalty. Il prend ses responsabilités. Mais rien ne se déroule vraiment comme prévu. « Je voulais le tirer à droite du gardien, de l’intérieur du pied droit. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’ai frappé de l’extérieur et le ballon est allé, à ma propre surprise, à gauche du gardien lyonnais », racontait-il trente ans plus tard.

Le gardien lyonnais repousse sa tentative sur la transversale. Guy reprend alors le ballon et marque. Problème : l’arbitre lui demande de retirer le penalty. « Heureusement, il a glissé sous la transversale », expliquait l’ancien Rennais. Cette fois, le ballon termine au fond. Rennes mène 1-0 et ne sera plus rejoint. « Autrement, jamais je ne me serais pardonné ce nouveau tir manqué. D’autant plus qu’en quatre ans, je n’ai manqué qu’un penalty », confiait-il encore.

Ce but restera l’unique réalisation de cette finale et offrira au Stade Rennais la deuxième Coupe de France de son histoire, six ans après celle de 1965. « J’accomplirai le maximum, assurait-il quelques heures avant le coup d’envoi. J’ai été champion de France de 2e et 1re divisions avec Saint-Étienne, mais il ne manque que la Coupe de France à mon palmarès. » Le manque était réparé quelques heures plus tard.

Son histoire rennaise s’arrêtera pourtant presque aussitôt. André Guy ne restera que six mois en Bretagne. Le Stade Rennais lui attribue aujourd’hui 11 buts en 21 rencontres, toutes compétitions confondues. Après Rennes, l’attaquant poursuivra sa carrière à Toulon puis à Nevers. Avec l’équipe de France, il aura porté huit fois le maillot bleu et inscrit deux buts, entre 1964 et 1968. En championnat, son efficacité aura également marqué son époque avec 159 buts en première division.

À l’annonce de sa disparition, le Stade Rennais a évidemment rendu hommage à celui qui occupe « une place de choix dans l’histoire Rouge et Noir en tant qu’unique buteur de la finale de la Coupe de France 1971 ». Et le club de conclure simplement : « André, nous saluons ta mémoire. » Plus d’un demi-siècle après Colombes, le nom d’André Guy demeure ainsi indissociable de l’une des plus belles pages du Stade Rennais. Six mois sous le maillot rouge et noir auront suffi pour entrer dans l’histoire.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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