Des centaines de cartes Pokémon et cette éternelle question : qu’est-ce que je possède exactement et combien vaut ma collection ? Deux étudiants d’Epitech Rennes ont imaginé « Collective », une plateforme pour cataloguer, estimer, acheter, vendre ou échanger ses objets. Leur projet vient d’être primé à Rennes.
Les collectionneurs connaissent bien le problème. Au début, quelques cartes, quelques objets ou quelques timbres tiennent facilement dans un classeur. Mais lorsque la collection grossit, retrouver une pièce, connaître sa valeur ou simplement savoir précisément ce que l’on possède peut vite devenir un casse-tête. À Epitech Rennes, Tom et Arthur ont décidé de s’attaquer au problème. Leur projet, baptisé Collective, veut réunir sur une seule plateforme les différents outils aujourd’hui dispersés entre plusieurs services. L’utilisateur doit pouvoir cataloguer ses objets, gérer son inventaire, obtenir des statistiques, suivre leur valeur mais également rechercher les pièces qui lui manquent.
Les deux étudiants ont notamment puisé leur inspiration dans l’univers des jeux de cartes à collectionner, les fameux TCG (Trading Card Games). Pokémon et Yu-Gi-Oh! ont fait naître des communautés où certains passionnés possèdent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de cartes. À cette passion s’est progressivement greffé un véritable marché de l’achat, de la revente et de l’échange. « Lorsqu’une collection grandit, il devient rapidement difficile de savoir précisément ce que l’on possède, quelle est sa valeur et comment la gérer au quotidien », explique Tom. Avec Arthur, il veut donc aller plus loin qu’un simple catalogue numérique. Collective doit également permettre aux utilisateurs d’acheter, de vendre ou d’échanger directement leurs objets.
De Pokémon aux timbres
La dimension communautaire occupe une place importante dans leur réflexion. Les deux Rennais envisagent notamment des classements et différents systèmes de personnalisation afin que chaque utilisateur puisse présenter sa collection et son univers. « Notre ambition est d’aller plus loin qu’un simple outil de gestion et de construire un véritable espace pensé pour les collectionneurs et leur communauté », explique Arthur. Pour l’heure, les cartes constituent un terrain d’expérimentation idéal. Mais Tom et Arthur ne comptent pas s’arrêter à Pikachu et ses camarades. À terme, Collective pourrait prendre en charge d’autres univers de collection. Les étudiants citent notamment les timbres. Le projet n’est d’ailleurs pas né en quelques semaines. Il est développé depuis trois ans dans le cadre de l’« Innovation Track » du Programme Grande École d’Epitech. Les étudiants doivent y travailler sur la technique, mais aussi identifier leurs futurs utilisateurs, étudier leur marché, réfléchir à leur modèle économique et apprendre à défendre leur solution.
Meilleur projet rennais
Vendredi 11 septembre, Collective a franchi une nouvelle étape lors du Warm Up Day d’Epitech Rennes. Cinq projets de fin d’études étaient présentés devant un jury composé de professionnels issus notamment du Département d’Ille-et-Vilaine, d’Orange, de Max Digital Services, d’ADN Ouest et de BlaBlaCar. Et ce sont Tom et Arthur qui ont décroché la première place. Même sans être lui-même plongé dans l’univers Pokémon, Anthony Poignant, cofondateur de Max Digital Services et membre du jury, explique avoir été convaincu par leur démonstration. « Ils nous ont donné le contexte, ils nous ont donné la cible, ils nous ont donné le marché, et à ça, ils ont rajouté de la tech », souligne-t-il.
Pour le jury, la maîtrise du sujet, la présentation et la capacité des étudiants à répondre aux objections ont notamment joué en faveur de Collective. Arthur Josselin, ingénieur iOS et Scrum Master chez BlaBlaCar, y voit aussi une illustration de l’évolution du métier d’informaticien : les compétences techniques ne suffisent plus toujours. Il faut également savoir transformer une idée en produit, comprendre ses utilisateurs et la présenter.
Direction Paris en février 2027
Cette victoire rennaise ne constitue toutefois qu’une étape. Tom et Arthur veulent désormais confronter davantage leur plateforme à de véritables collectionneurs et poursuivre son développement. Leur ambition affichée est de transformer progressivement leur projet étudiant en une solution susceptible de trouver son public. Collective pourra surtout représenter Epitech Rennes à Paris en février 2027, lors d’Epitech Experience. Le projet y sera présenté aux côtés des autres réalisations de fin d’études sélectionnées dans les différents campus français de l’école.
Quatre autres équipes concouraient lors du rendez-vous rennais. Fynex développe un outil utilisant l’intelligence artificielle pour accompagner les jeunes investisseurs dans l’analyse de leur portefeuille. GenRAG permet aux entreprises de concevoir des agents d’IA utilisant leurs propres documents. Griffon travaille sur un antivirus destiné à Linux et Havel sur l’organisation d’événements de cybersécurité. Le jury a accordé son coup de cœur à GenRAG, notamment pour la dimension technique du projet. Mais c’est bien Collective qui portera les couleurs rennaises à Paris. Pour Tom et Arthur, reste désormais à passer du projet étudiant à l’épreuve la plus importante : celle des vrais collectionneurs.


