La sécheresse ne desserre pas son étau sur l’Ille-et-Vilaine. Réuni mardi 8 septembre, le comité de gestion de la ressource en eau a décidé de maintenir l’ensemble du département au niveau de crise. Les restrictions imposées depuis le 15 août restent donc en vigueur. Plus inquiétant : près de 70 % des cours d’eau situés en tête de bassin versant sont désormais en rupture d’écoulement.
Les quelques pluies orageuses tombées fin août et début septembre n’auront pas suffi. Selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine, elles ont été trop localisées et trop faibles pour véritablement humidifier des sols profondément desséchés. Pis encore, les prévisions ne laissent guère espérer d’amélioration immédiate, avec peu de précipitations annoncées dans les prochains jours.
Sur les cours d’eau, quelques remontées ponctuelles des débits ont certes été observées. Mais elles ne changent pas la tendance générale. Les niveaux restent très bas et pourraient encore diminuer sans pluies suffisamment importantes. En ce début septembre, près de 70 % des cours d’eau en tête de bassin versant connaissent ainsi une rupture d’écoulement.
Des barrages au niveau de 2022
La situation devient également préoccupante pour l’alimentation en eau potable. D’après les services de l’État, le niveau des barrages est aujourd’hui comparable à celui observé pendant la sécheresse majeure de 2022. Pourtant, les réserves étaient plus importantes au début du mois de juillet. Les épisodes caniculaires et l’absence de pluies efficaces ont accéléré leur diminution durant l’été.
Le secteur malouin fait l’objet d’une attention particulière. Dans l’hypothèse défavorable où septembre et octobre resteraient insuffisamment arrosés, les réserves ne permettraient plus que 80 jours de production d’eau potable. Cette situation est d’autant plus délicate que l’Ille-et-Vilaine dépend également de ressources provenant des départements voisins, dont plusieurs connaissent eux-mêmes des tensions sur l’eau.
Pour l’heure, les inquiétudes portent déjà sur les prochains mois. Un hiver sec empêcherait une recharge suffisante des réserves et pourrait, selon la préfecture, compromettre les capacités de production d’eau potable du département dès le début de l’année 2027.
Dans ces conditions, aucune levée des mesures prises le 15 août n’est envisagée. Les restrictions prévues par l’arrêté sécheresse continuent de s’appliquer à l’ensemble des usagers : particuliers, collectivités, entreprises et agriculteurs. Les règles correspondant à chaque situation peuvent être consultées sur Vigieau.
Pour éviter tout récalcitrant, les services compétents poursuivront leurs contrôles. Le non-respect des prescriptions exposera les contrevenants à une contravention de cinquième classe. La sécheresse pèse aussi sur l’activité économique. Les entreprises contraintes de modifier leur organisation peuvent notamment solliciter le dispositif d’activité partielle. Pour les agriculteurs, particulièrement touchés par les fortes chaleurs et le manque d’eau, une cellule spécifique d’accompagnement fonctionne depuis la fin juillet.
Plus de 130 demandes de dérogation aux restrictions ont par ailleurs déjà été déposées auprès des services de l’État. Elles sont examinées au cas par cas, mais la préfecture prévient que leur attribution demeure exceptionnelle en période de crise et doit s’accompagner de mesures permettant de réduire durablement les consommations.
Au-delà des interdictions, les autorités appellent donc chacun à limiter volontairement son utilisation de l’eau : douches plus courtes, appareils ménagers utilisés à pleine charge, réparation des fuites, installation de mousseurs sur les robinets ou encore récupération de l’eau de pluie. Avec une priorité : préserver le plus longtemps possible la ressource destinée à l’alimentation en eau potable.


