Rennes peut-elle vraiment pavoiser ? Dans son classement 2026 des « villes en croissance », LinkedIn place la capitale bretonne parmi les dix agglomérations françaises où le marché du travail est le plus dynamique. Mais elle n’arrive qu’en neuvième position, derrière des villes parfois beaucoup moins attendues comme Pau, Annecy ou Toulon. Une place honorable, certes, mais pas franchement éclatante pour une métropole qui revendique régulièrement son attractivité économique.
Le classement réserve en effet quelques surprises. Pau décroche la première place devant Annecy et Nice. Suivent Marseille, Toulon, Toulouse, Montpellier et Bordeaux. Rennes arrive seulement ensuite, en neuvième position, juste devant Nantes. Ce palmarès doit toutefois être manié avec précaution. LinkedIn ne cherche pas à désigner les villes françaises possédant les marchés de l’emploi les plus importants. Il mesure avant tout leur dynamique récente, en prenant en compte la progression des recrutements et des offres d’emploi ainsi que les mouvements de professionnels qui viennent s’y installer ou qui en partent. Les zones métropolitaines comptant plus d’un million de membres LinkedIn sont d’ailleurs exclues du classement.
Le numérique et les télécoms tirent Rennes vers le haut
Pour LinkedIn, la présence de Rennes dans ce Top 10 s’explique notamment par les nouvelles technologies. Le réseau professionnel considère que la capitale bretonne possède « l’une des économies les plus dynamiques de France ». Il met particulièrement en avant la cybersécurité, l’agroalimentaire et les sciences de la vie. Rennes est notamment présentée comme un « pôle européen de la cybersécurité », avec un tissu important d’entreprises, de laboratoires et de centres de recherche. Parmi les secteurs qui recrutent le plus figurent les services et le conseil en informatique, les télécommunications, le conseil aux entreprises, les technologies et le numérique, mais également la fabrication de produits alimentaires et de boissons.
LinkedIn identifie plusieurs employeurs particulièrement représentés dans les recrutements observés sur le territoire. Orange figure parmi eux, aux côtés de l’Université de Rennes, du CHU de Rennes, de Capgemini et du Crédit Agricole. Le télétravail conserve également une place significative. À Rennes, 2 % des offres analysées proposent du travail entièrement à distance et 29,7 % du télétravail partiel. Près d’une offre sur trois permet donc de travailler au moins une partie du temps hors de l’entreprise.
Derrière Bordeaux, juste devant Nantes
Pour Rennes, cette neuvième place a donc quelque chose de contrasté. Elle confirme le dynamisme du bassin d’emploi et le poids de ses filières technologiques, mais elle place la capitale bretonne derrière plusieurs agglomérations auxquelles elle aime habituellement se comparer avantageusement. Petite consolation dans l’éternelle rivalité de l’Ouest : Rennes conserve une longueur d’avance sur Nantes. La cité des Ducs ferme le Top 10. Les deux métropoles illustrent ainsi, à leur manière, la vitalité économique de l’Ouest relevée par LinkedIn.
Reste que ce classement mesure une évolution et non la puissance économique absolue des territoires. Il repose sur des données LinkedIn anonymisées et agrégées issues de millions de profils et d’offres d’emploi. Les données analysées portent principalement sur la période allant de mars 2024 à février 2026. Rennes est donc bien dans le Top 10. Mais pour une métropole habituée aux palmarès flatteurs sur son attractivité et sa qualité de vie, cette neuvième place ressemble davantage à un encouragement qu’à un triomphe.


