Le 10 septembre 2024, les policiers effectuent un contrôle d’identité dans le quartier du Blosne. Leur intervention les conduit jusqu’à l’appartement de Franck H. À l’intérieur, ils découvrent un coffre-fort contenant 1 640 euros en liquide et un kilo de cannabis. Dans la cuisine, un autre kilo de cannabis est retrouvé, ainsi qu’une grenade obsolète.
Âgé de 56 ans, Franck H. ne nie pas être un gros consommateur. Depuis un AVC survenu en 2015, il fume entre cinq et neuf joints par jour. Mais les stupéfiants retrouvés chez lui ? Ils ne seraient pas à lui. Le coffre-fort non plus. Selon sa version, le matériel appartiendrait à des jeunes qu’il hébergeait régulièrement contre 20 euros la nuit. Face à ce qu’ils entreposaient dans son appartement, il aurait fini par leur demander de débarrasser les lieux. « Vous me virez tout ça », leur aurait-il lancé.
Ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Rennes, le quinquagénaire n’est guère bavard. Il apporte toutefois une précision. « Cela fait quatre-cinq mois que j’ai arrêté le cannabis. » Depuis les faits, il a quitté Rennes pour s’installer à la campagne. «C’est effraction commise à mon domicile qui entraîné une procédure d’expulsion engagée par Archipel Habitat», assure-t-il.
Son passé judiciaire est lourd, mais ancien. Son casier comporte treize mentions, dont une condamnation pour assassinat. La dernière inscription remonte à 2011. Sans emploi, Franck H. perçoit aujourd’hui l’AAH (allocation aux adultes handicapés), à la suite de son AVC. Pour le ministère public, représenté par Vincent Varlet, l’explication du simple hébergeur a ses limites. «Le prévenu, qui n’est pas un enfant de choeur, s’est laissé embarquer dans une histoire de nourrice », convient-il. A son encontre, le substitut réclame huit mois d’emprisonnement aménageables, notamment en raison de son état de santé.
De l’autre côté de la barre, la défense avance l’irresponsabilité. « Il est coupable d’être victime », plaide son avocat. Selon lui, Franck H. aurait surtout été utilisé par son entourage. « Ses voisins disent qu’il est influençable », ajoute-t-il. Le tribunal choisit finalement de ne pas l’envoyer derrière les barreaux. Franck H. est reconnu coupable et condamné à douze mois d’emprisonnement avec sursis. Avant de lever l’audience, la présidente lui adresse un dernier avertissement : « On ne vous revoit plus ! » Puis elle insiste : « Compte tenu de l’ancienneté de vos condamnations, c’est une grosse peine d’avertissement. » À 56 ans, Franck H. évite donc la prison ferme. Mais de peu.


