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mardi 1 septembre 2026
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À peine arrivée en Bretagne, la nouvelle rectrice fixe sa méthode et ses priorités

Pour sa première rentrée à la tête de l’académie de Rennes, Nathalie Albert-Moretti ne promet pas de révolution. La nouvelle rectrice veut d’abord découvrir la Bretagne et s’appuyer sur les équipes en place. Mais devant la presse, ce lundi 31 août, elle a clairement posé sa feuille de route : instruire, protéger, unir et préparer l’avenir.

« Une rentrée scolaire, c’est un moment magique. C’est un moment joyeux. » Pour sa première conférence de presse de rentrée en Bretagne, Nathalie Albert-Moretti commence par les cartables, les trousses neuves, les retrouvailles dans les cours de récréation et les premiers pas des plus petits. Ce rendez-vous annuel, elle le qualifie de « rite républicain ». Nommée fin juillet à la tête de l’académie de Rennes, la nouvelle rectrice découvre encore son territoire. « En quelques semaines, j’ai déjà mesuré l’engagement des personnels, la mobilisation des équipes et l’attachement très fort des familles et des élèves à l’école. »

En venant en Bretagne, elle hérite d’une académie aux résultats flatteurs. Cette année, 95,4 % des candidats ont décroché leur baccalauréat. Mais Nathalie Albert-Moretti refuse de s’arrêter en si bon chemin.  Derrière les bons résultats, elle pointe encore des écarts territoriaux et « des parcours qui restent fragiles ». Son ambition est « faire réussir chaque élève » et porter une attention renforcée à ceux qui restent sur le bord du chemin.

« Toujours avec les équipes, jamais contre elles »

Pour sa première rentrée, la rectrice tient d’abord à rassurer les familles : « la rentrée est sur les bons rails.» Même si à ses yeux, chaque rentrée tient même du « petit miracle », tant il faut coordonner de personnels, d’établissements, d’élèves et de situations individuelles. À la tête d’un collectif de 55 643 personnes, dont 41 658 enseignants, la rectrice revendique une méthode. « Rien de grand et rien d’efficace ne peut se construire seul. »

La force d’une académie ne réside pas, selon elle, dans « des instructions qui descendraient d’en haut », mais dans la confiance, l’écoute et le travail en équipe. « J’ai une exigence personnelle. Je veux être présente sur le terrain, engagée et cohérente entre ce que je dis et ce que je fais ». Mais pas question, donc, d’arriver en Bretagne avec la volonté de tout chambouler. « Ce n’est pas du tout une académie dans laquelle il faudrait reconstruire », insiste-t-elle. 

« Il faut lire et écrire »

Sa feuille de route repose sur quatre verbes. Le premier est instruire. La maîtrise du langage et les savoirs fondamentaux restent au centre de ses préoccupations. « Il n’y a pas de secret. Il faut lire et écrire évidemment. Il faut faire des phrases complètes. Il faut apprendre à résoudre des problèmes. » Elle entend notamment poursuivre le travail engagé dans les onze « collèges en progrès » et les treize Territoires éducatifs ruraux. Elle cite également le quart d’heure de lecture quotidien, dont la Bretagne possède, selon elle, « une expérience vraiment solide. Notre objectif est de transmettre le goût et le plaisir de lire. »

Concrètement, la rectrice évoque la mise en place du concours général des collèges et veut poursuivre le développement des 25 réseaux pédagogiques de l’académie. Construits à partir des parcours réels des élèves, ils doivent favoriser les échanges de pratiques entre établissements et éviter qu’une équipe ne se retrouve seule face à ses difficultés. L’égalité filles-garçons lui tient également « particulièrement à cœur ». Les stéréotypes continuent de peser sur les orientations, notamment dans les filières scientifiques, technologiques et industrielles où les filles restent minoritaires. « Il faut donc travailler sur les résultats, mais également sur les représentations et la confiance en soi afin que les jeunes filles puissent se sentir pleinement légitimes dans les sciences. »

Violences, masculinisme et santé mentale

Deuxième priorité : protéger. Nathalie Albert-Moretti veut mettre en œuvre les trois séances annuelles prévues dans le programme d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité.  Mais comme les dangers ont changé, elle n’oublie pas les réseaux sociaux. La rectrice évoque de « nouvelles formes de domination » et cite expressément le masculinisme. À ses yeux, la réponse passe notamment par l’apprentissage de l’esprit critique. Racisme, antisémitisme, sexisme, homophobie et discriminations figurent également parmi les combats qu’elle veut poursuivre.

Même vigilance sur la santé mentale. En 2025-2026, près de 300 personnels des premier et second degrés ont été sensibilisés à cette problématique, auxquels s’ajoutent plus de 120 personnels ressources formés. « Il faut désormais mieux détecter les fragilités, savoir réagir devant des signes inquiétants et prévenir le suicide chez les jeunes. On est très proactifs sur ça », assure-t-elle.

« Lutter contre tout ce qui divise »

Troisième mot : unir. L’école doit savoir « lutter contre les obscurantismes », « les intégrismes », le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie. En un mot, combattre « tout ce qui divise ». Nathalie Albert-Moretti insiste  sur les rites et les repères communs, avec notamment la commémoration du 11-Novembre dans les établissements scolaires. Unir, c’est aussi mieux associer les parents. La rectrice met en avant la nouvelle charte parents-école, fondée sur quelques principes simples : respect mutuel, valeurs de la République, règlement intérieur, respect des choix pédagogiques et dialogue régulier entre les familles et l’institution.

Reste le quatrième axe : préparer l’avenir. « Il faut que l’on sache préparer l’avenir pour ne pas le subir », prévient-elle. Trois grandes transformations se présentent à l’école : l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les apprentissages et les usages, la transition climatique et la baisse démographique. Sur cette dernière, le Finistère et les Côtes-d’Armor expérimentent une réflexion à plus long terme sur la carte scolaire. Nathalie Albert-Moretti ne prétend pas avoir déjà toutes les réponses. « Je vais continuer à prendre le temps de comprendre ce territoire, comprendre ses forces, comprendre les défis qui sont les siens. » Pour cette première rentrée bretonne, le cap est néanmoins posé : instruire, protéger, unir et préparer l’avenir. Reste à savoir si ces grands mots suffiront pour soigner les maux. 

A retenir. 103 338 élèves dans le premier degré. À la rentrée 2025, l’Ille-et-Vilaine compte 103 338 écoliers. Parmi eux, 64 789 sont scolarisés dans le public, soit 62,7 %. Le département concentre ainsi plus du tiers des élèves du premier degré de l’académie. 96 014 collégiens et lycéens. Dans le second degré, l’Ille-et-Vilaine accueille 96 014 élèves, dont 57 192 dans le public, soit 59,6 %. Là encore, il s’agit du département breton comptant le plus d’élèves. Près de 200 000 élèves au total. En additionnant premier et second degrés, 199 352 élèves sont donc scolarisés en Ille-et-Vilaine à la rentrée 2025. Des résultats élevés au bac. Pour la session 2026, le taux de réussite atteint en Ille-et-Vilaine 97,5 % au bac général, 97,1 % au bac technologique et 89,7 % au bac professionnel. Au brevet, le taux de réussite s’établit à 87,6 %. Éducation prioritaire. Le département compte six collèges classés REP et un collège REP+. Trois cités éducatives à Rennes. L’Ille-et-Vilaine compte également trois Territoires éducatifs ruraux, à Guipry-Messac, dans le Pays de Dol-Baie du Mont-Saint-Michel et à Val-d’Anast. Rennes concentre par ailleurs trois cités éducatives.

Dossier réalisé avec Maiwenn Jamois. 

 

jean-christophe collet
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Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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