Il est désormais interdit de se regrouper pour consommer de l’alcool ou se livrer à des activités gênantes et illégales place de Bretagne. Depuis des semaines, les riverains alertaient : la mairie a pris un arrêté municipal.
Les regroupements place de Bretagne, en théorie, c’est fini. À partir de demain (8 août) jusqu’au 31 décembre de 11h à 22h, les polices municipales et nationales ont l’autorisation de disperser, voire d’appréhender, toute personne occasionnant un trouble à l’ordre public place de Bretagne et ses alentours.
Dans l’arrêté municipal signé de Lenaïc Briero, adjointe à la sécurité, la Ville reconnaît avoir été très largement sollicitée par courriers, e-mails et appels, de riverains et commerçants excédés. « La police municipale a constaté la présence habituelle de groupes statiques aux abords immédiats d’habitations et de commerces (…) dont le comportement bruyant et les consommations d’alcool perturbent la tranquillité publique et la libre circulation », écrit l’élue dans l’arrêté envoyé hier à la préfecture.
Alcool, drogue et agressions
La police municipale a également pu confirmer les dires des riverains : sur ce périmètre, les groupes identifiés s’adonnent aussi à la consommation, voire à la cession de stupéfiants. Des agressions parfois armées ont également été constatées lors de nombreuses interventions.
« Considérant qu’il appartient au Maire de garantir la liberté d’aller et venir et de veiller au respect de l’usage normal des voies publiques (…) les regroupements statiques sont interdits dans le périmètre », stipule l’arrêté qui précise ne pas concerner les manifestations publiques et privées autorisées par la Ville et la préfecture. Tout contrevenant sera verbalisé par les polices municipales et nationales puis convoqué au tribunal.
Les riverains excédés
Sur place, c’est un soulagement. « Certains d’entre nous ont été très insistants auprès de la mairie », reconnaît une riveraine, qui promène son chien sur une place effectivement vide. « Mais c’était nécessaire. Parfois, je ne sortais même pas en balade tellement j’avais peur de me faire alpaguer. »
« On en regretTERait presque
les punks à chiens »
À ses côtés, son mari confirme « Plus la journée avance, et plus les degrés d’alcool montent. Parfois, certains membres de ces groupes sont dans un état second. Ils nous prennent à partie, et deviennent souvent menaçants quand on les ignore ou quand on presse le pas. À mon âge, je n’ai ni la force de courir un 100 mètres, ni de me défendre », souffle-t-il en espérant que l’arrêté municipal fasse effet sur le long terme.
« On en regretterait presque les punks à chiens », plaisante un autre habitant alors qu’il termine son footing près d’une fontaine de la place. « Eux au moins, on les laissait tranquilles, ils nous laissaient tranquilles. Depuis quelque temps, entre les camés et les ivrognes violents, ça devenait la cour des miracles. » Les mots sont parfois durs, mais la situation en a crispé plus d’un.
« En semaine, quand les commerces sont ouverts, ça passe encore. Mais le soir et le week-end, j’ai vu des groupes arriver avec des barbecues et des enceintes de musique. En plein cœur de Rennes, c’est inadmissible », reconnaît un autre résident. « Ça boit, ça consomme des produits et le ton monte, même entre eux. Une fois j’ai vu une altercation à coup de machette », ajoute-t-il.
Le problème qui risque de se poser est un simple déplacement de ces groupes d’une zone urbaine vers une autre. Mais l’arrêté municipal tant attendu promet à la place de Bretagne une ambiance désormais plus sereine.


